Pas de route bitumée au Serengeti: "pas lieu de se réjouir", selon des écologistes

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L'annonce par le gouvernement tanzanien qu'il ne construirait pas de route bitumée à travers le Serengeti ne donne "pas lieu de se réjouir", car le projet controversé d'autoroute à travers ce parc national est seulement repoussé, estime l'association écologiste Serengeti Watch.

"Ceux qui veulent une vraie autoroute (à travers le Serengeti) ne peuvent visiblement pas parvenir maintenant à leurs fins. Mais ils peuvent avancer (vers ce but) et ajouter plus tard les chaînons manquants", poursuit l'association dans un communiqué parvenu dimanche à l'AFP.

Le gouvernement tanzanien a annoncé au comité du Patrimoine mondial de l'Unesco qu'il maintenait son projet de construire une route traversant le nord du pays, mais que cette route ne serait pas bitumée entre Mugumu, à 12km à l'ouest du Serengeti, et Loliondo, à 57,6 km à l'est du parc national, ni sur les 53 km traversant le parc proprement dit.

"Le comité du Patrimoine mondial a reçu l'assurance de la part de la Tanzanie que ce projet d'autoroute est abandonné", a réagi samedi auprès de l'AFP l'Unesco, qui s'était inquiété de ce projet.

"Donc le comité a décidé de ne pas inscrire le site dans la liste du patrimoine mondial en péril puisque la menace a disparu", a-t-on ajouté de même source.

Le parc national du Serengeti est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Le projet de route était contesté par de nombreux scientifiques et spécialistes, qui y voyaient une menace pour la "Grande migration", unique au monde par sa taille.

Chaque année quelque deux millions d'herbivores migrent du parc du Serengeti en Tanzanie vers le Masaï Mara au Kenya, les deux réserves formant un seul et même écosystème.

Serengeti Watch accuse le gouvernement tanzanien de se limiter à un effet d'annonce, affirmant qu'il était dès l'origine prévu de ne pas bitumer le tronçon de route traversant le Serengeti. "A vrai dire, le revêtement de la route n'a jamais été le vrai problème", estime l'association écologiste.

Serengeti Watch s'inquiète en revanche du maintien du projet de route à travers tout le Serengeti.