La sécheresse fatale aux papillons ? Les Français appelés à les compter

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Le printemps le plus sec depuis 50 ans en France a-t-il aussi des effets sur le nombre de papillons ? L'Observatoire de la biodiversité des Jardins invite à compter paons du jour et autres belles dames pour mieux cerner l'impact de la sécheresse sur ces lépidoptères.

Ce grand appel à témoins est lancé par l'OBJ et piloté par le Muséum national d'Histoire naturelle et l'association Noé Conservation. Il permettra de compléter les premières observations des spécialistes des papillons qui parlent déjà d'une "année exceptionnelle tant la sécheresse a été intense et longue", selon un communiqué du Muséum.

D'une part, les experts on noté une grande diversité des espèces, et même un retour de certaines variétés présumées disparues comme le demi-argus en Ile-de-France. En revanche, une faible abondance a été relevée dans les milieux secs, contrairement aux régions forestières très fréquentées par les papillons.

Mais, prévient le Muséum, plusieurs espèces du début de l'été sont déjà sorties de leurs chrysalides alors que de nombreuses espèces printanières subsistent en parallèle, "ce qui explique la diversité des papillons observés".

Le principal problème lié à la sécheresse serait celui de "l'impact sur les plantes nourricières sur lesquelles les papillons adultes pondent les oeufs pour les chenilles", explique à l'AFP Benoît Fontaine, responsable de l'OBJ.

Si ces plantes font défaut pour cause de manque d'eau, "il y a donc moins de chenilles et donc moins de papillons", selon lui.

Les adultes peuvent se nourrir du nectar de plusieurs sortes de fleurs, rappelle-t-il, "alors que les chenilles ne peuvent vivre que sur une espèce de plantes ou quelques espèces proches." Aussi en cas de sécheresse "si cette espèce à laquelle elles sont inféodées est absente, il n'y aura pas de chenilles", avertit l'expert.

"Les papillons ne boivent pas de l'eau comme nous, ils la trouvent dans le nectar, ajoute-t-il, ce qui les gêne, c'est plus les conséquences du manque d'eau sur la végétation".

Cependant pour confirmer la première impression globale des entomologues, l'appel à noter précisément ce qui se passe dans les jardins est essentiel, selon M. Fontaine.

Car les soupçons de ce recul des populations de papillons n'apparaît pas de façon aussi nette dans les relevés de l'OBJ qui s'intéresse à une trentaine d'espèces communes généralement abondantes comme le paon du jour, le vulcain ou la belle dame.

"Ces espèces sont observées dans les jardins, des endroits privilégiés, qui, même en cas de grande sécheresse, sont arrosés et auront toujours des fleurs et donc on y verra toujours des papillons", précise le responsable du programme OBJ. Il reconnaît que "c'est une vision un petit peu biaisée".

"On sait que quand il y a moins de papillons, les gens sont moins motivés pour les observer", indique-t-il. "Aussi l'objet de notre appel c'est de relancer la motivation des gens et leur dire, même si vous avez peu de papillons, dites le nous quand même pour qu'on ait la vision la plus complète possible", insiste-t-il.

L'an dernier 2.640 jardins avaient été inscrits sur le site de l'OBJ contre 1.657 seulement en 2011.

Pour s'inscrire deux sites sont proposées: www.neoconservation.org et www.vigienature.mnhn.fr