Prolongation de Fessenheim: l'Autorité de sûreté nucléaire se prononcera début juillet

NUCLEAIRE L'ASN a rappelé que la décision de prolonger de dix ans la centrale de Fessenheim n'était pas encore prise...

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La centrale nucléaire de Fessenheim.
La centrale nucléaire de Fessenheim. — CEDRIC JOUBERT/SIPA

Les experts n'ont pas dit leur dernier mot. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué jeudi qu'elle n'avait pas encore pris position sur la prolongation de l'exploitation du réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim et qu'elle ferait connaître sa décision au plus tard début juillet. Selon Le Figaro de jeudi, qui ne cite pas ses sources, «le rapport d'experts (de l'ASN) approuve la prolongation pour dix ans du fonctionnement du réacteur». Ce rapport a bien été remis au collège de l'Autorité depuis déjà quelque temps et est en cours d'instruction mais l'ASN n'a pas encore «pris position» sur une éventuelle prolongation du réacteur n°1 de Fessenheim, a déclaré à l'AFP le service de presse de l'ASN, interrogé sur ces informations. «Nous n'avons pas fixé de date vraiment précise pour communiquer (cette décision). Ce sera fin juin, au pire début juillet», a précisé l'ASN, sans dévoiler le contenu du rapport d'experts. Le collège de l'ASN, composé de cinq membres, dont son président André-Claude Lacoste, rend sa décision sous forme d'«avis» au gouvernement, «un avis très souvent suivi» par l'exécutif à qui revient la décision finale», explique-t-on à l'ASN.

Un fonctionnement «satisfaisant» en 2010

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne du parc français, est en service depuis 1977. Elle compte deux réacteurs nucléaires d'une puissance de 900 mégawatts chacun. Le réacteur n°1 a fait l'objet de sa troisième visite décennale entre le 17 octobre 2009 et le 24 mars 2010. L'ASN devait dans un premier temps rendre son avis sur la poursuite d'exploitation courant avril mais, en raison notamment de la catastrophe de Fukushima, les délais ont été plus importants que prévu.

Début juin, l'ASN avait estimé que cette centrale avait connu en 2010 un fonctionnement «satisfaisant», dans «la moyenne du parc nucléaire français». Mais des associations dénoncent la vétusté de la centrale et s'inquiètent en outre des risques sismiques mis en lumière par l'accident de Fukushima. L'Allemagne et la Suisse voisines, qui ont décidé de renoncer à l'énergie nucléaire et qui détiennent une participation dans la centrale de Fessenheim (respectivement 17,5% et 15%), sont également favorables à sa fermeture.

Selon Le Figaro, les experts de l'ASN assortissent leur feu vert à la prolongation d'exploitation de diverses recommandations, dont le renforcement du «radier», dalle de béton sur laquelle le réacteur n°1 a été construit. Les travaux nécessaires devraient coûter «autour de cent millions d'euros», écrit le quotidien.