Le siège de Bouygues veut devenir la vitrine de l'éco-rénovation

BATIMENT A Guyancourt dans les Yvelines un vaste chantier entend transformer Challenger, le siège de Bouygues Constructions, en un modèle de bâtiment peu gourmand en énergie…

Mickaël Bosredon

— 

Une ferme solaire de plus de 7.000 m2 équipera le siège rénové de Bouygues Constructions
Une ferme solaire de plus de 7.000 m2 équipera le siège rénové de Bouygues Constructions — Augusto Da Silva

Une «première mondiale» en matière de rénovation environnementale. C’est ainsi que Bouygues Constructions présente le chantier de rénovation de son siège, à Guyancourt dans les Yvelines. Le groupe organisait ce mercredi une visite d’étape du chantier, entamé en mars 2010, et qui s’achèvera en 2014. Inauguré en 1988, Challenger, le nom du site, veut devenir «une vitrine technologique du 21è siècle». Pour cela il avait besoin d’une rénovation profonde, notamment afin de répondre aux nouvelles normes environnementales. Un budget de 150 millions d’euros a été dégagé pour permettre de relever le défi. Le bâtiment de 68.000 m2, qui abrite 3.000 salariés, en profitera pour bénéficier d’une extension de 1.500 m2.

Panneaux photovoltaïque, géothermie, recyclage des eaux usées et des eaux de pluie, rénovation thermique… Rien n’a été oublié. Challenger vise à l’arrivée trois certifications, et il devra être, évidemment, BBC (Bâtiment Basse Consommation) grâce à une consommation énergétique finale de 31 kW/m2 /an, soit… dix fois moins qu’à l’heure actuelle.

Des jardins filtrants pour recycler eaux usées et eau de pluie

Pour y arriver le site va tout d’abord réduire fortement sa consommation d’énergie, en améliorant les performances thermiques de l’enveloppe du bâtiment, par l’installation de façades ventilées, le renforcement des isolations et la réfection des étanchéités. Il va aussi recycler et réutiliser les eaux usées et les eaux de pluie. «La consommation d’eau sera réduite par la création de 2.800 m2 de jardins filtrants qui dépollueront les eaux usées et les eaux pluviales avant leur réutilisation sur le site. Le procédé choisi est celui de la phyto-épuration, qui emploie les jardins filtrants pour dépolluer les eaux avant leur réutilisation grâce, notamment, aux roseaux, un puissant nettoyant naturel. Les eaux pluviales alimenteront les sanitaires, les refroidisseurs et les stations de lavage» explique-t-on chez le constructeur. Les eaux usées serviront à l’arrosage des pelouses. L’objectif est de diminuer de 60% la consommation annuelle d’eau de ville du site.

Plus de 20.000 m2 de panneaux photovoltaïques

Parallèlement Challenger  va se voir équipé de 21.580 m2 de panneaux photovoltaïques, dont 12.800 installés sur les terrasses, et 7.320 issus de la création d’une ferme solaire. La production théorique de ces panneaux solaires est de près de 2.000 MWh/an. Cette électricité sera destinée essentiellement au fonctionnement du site. Quelque 420 m2 de solaire thermique permettront également de couvrir plus de la moitié des besoins en eau chaude sanitaire, sur la base d’une consommation de 15.000 litres d’eau par jour.

Enfin le bâtiment exploitera aussi la température constante issue de la terre, grâce à deux systèmes de géothermie. «Le premier consiste en un système de pompes à chaleur doté de 75 sondes verticales enterrées à 100 mètres de profondeur, dans lequel circule un liquide dans un circuit fermé. A cette profondeur la terre a une température constante de 12 degrés, qui se transmet au liquide par échange thermique, et qui est utilisée en fonction des besoins. Le second est un système de pompes à chaleur sur nappe, qui utilise l’eau de la nappe phréatique, à environ 135 mètres. Celle-ci présente une température de 14 degrés, qui passe également dans un circuit pour récupérer des calories ou des frigories.»

Bouygues ne cache pas qu’il entend faire du site une «vitrine commerciale» pour ses clients.