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INITIATIVELe congé solidaire, pour mettre ses vacances au service des pays en développement

Le congé solidaire, pour mettre ses vacances au service des pays en développement

INITIATIVE
Le congé solidaire associe ONG, entreprises et salariés volontaires pour partir quelques semaines dans un pays en développement...
Une infirmière de Médecins sans frontières dans un centre de renutrition infantile au Niger, en 2008.
Une infirmière de Médecins sans frontières dans un centre de renutrition infantile au Niger, en 2008. - CHAMUSSY/SIPA
Audrey Chauvet

Audrey Chauvet

Ils sont un peu moins de 5.000 à être partis, depuis 2000, dans 34 pays différents pour donner un coup de main ou apporter leurs compétences à des projets de développement dans les pays du Sud. Ces salariés ont choisi de mettre leurs congés au service d’ONG en partant, pour quinze jours ou plus, en congé solidaire. Ce dispositif créé par Planète Urgence, fête cette année ses 10 ans mais reste peu connu des Français.

L’entreprise «ouvre la fenêtre sur le monde»

La Poste, L’Oréal, IBM ou encore la Fondation SFR comptent parmi les 111 entreprises partenaires de Planète Urgence. Dans ces sociétés, les salariés peuvent utiliser leurs congés pour partir en mission, dont le financement est assuré par l’entreprise. Un coût d’environ 2.100 euros par salarié qui peut être pris sur le budget ressources humaines, communication ou mécénat par la fondation d’entreprise ou par le biais du comité d’entreprise, et qui ouvre droit à une réduction d’impôts.

«Chez Renault, le financement du congé solidaire se fait sur l’intéressement, explique Jean-Marie Collin, directeur des affaires sociales chez Renault Retail Group. 2%, soit environ 100 à 150.000 euros par an, sont prélevés et gérés dans un fonds spécial par le comité d’entreprise. Grâce à cela, 25 personnes sont parties sur des missions de formation à la mécanique à Tombouctou et à Mopti, au Mali.»

Au-delà de la communication qui peut être réalisée sur ces missions, les entreprises affirment que leurs employés reviennent différents. «Le salarié a un autre regard sur sa propre utilité, sur son avenir, pense Gilles Vermot-Desroches, directeur de la Fondation Schneider. Les entreprises veulent ainsi ouvrir la fenêtre sur le monde.» Même sentiment chez SFR: «Quand le collaborateur revient, il développe d’autres connaissances, d’autres façons de faire», explique Antonella Desneux, directrice de la citoyenneté chez l’opérateur téléphonique.

Une «bouffée d’oxygène» pour les associations locales

Pour les salariés, le congé solidaire est souvent l’occasion de franchir un pas qu’ils n’auraient pas osé faire seuls. Planète Urgence leur propose un accompagnement avant et après le congé, pour ne pas partir sans objectif et sans formation, et ils ont la possibilité de choisir leur mission parmi plusieurs projets initiés par des ONG locales.

Agrotourisme au Cameroun, lutte contre le travail des enfants à Madagascar ou préservation de la biodiversité au Zimbabwe, les missions sont nombreuses mais «il y a parfois des projets qui restent en souffrance car il n’y a pas de volontaires, explique Ouboulé Abalo, président de l’ONG Actions et développement au Bénin. Il faut trouver des missions pertinentes pour les besoins sur le terrain et qui correspondent aux attentes des volontaires.» Malgré cet écueil, cette association béninoise est celle qui a reçu le plus de volontaires en congé solidaire et s’en félicite: «Les bénéfices sont énormes: les volontaires nous transmettent des compétences sans coût pour nous, c’est une bouffée d’oxygène pour combler des lacunes», témoigne Ouboulé Abalo.

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