Climat: ozone et suie sont autant coupables que le CO2

CLIMAT Une étude des Nations unies souligne le rôle de ces polluants dans le changement climatique...

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Fumée d'une cheminée d'usine, à Pékin, en Chine.
Fumée d'une cheminée d'usine, à Pékin, en Chine. — Alexander F. Yuan/AP/SIPA

Il n’y a pas que le CO2 dans l’atmosphère. Contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C passe par la réduction des émissions de dioxyde de carbone mais aussi par la généralisation rapide des mesures pour lutter contre la pollution de l'air (ozone et suie), selon une étude internationale présentée mardi. Une «action rapide» sur ces polluants, tout en étant bénéfique en termes de santé, contribuerait «à limiter à court terme la hausse des températures», souligne cette analyse du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Noir de carbone et ozone troposphérique sont à réduire

Le «noir de carbone», particules présentes dans la suie et émises par les véhicules, les feux de forêts ou certaines installations industrielles, et l'ozone troposphérique, composant majeure de la pollution urbaine, contribuent au réchauffement climatique. Les particules de carbone agissent en interceptant et absorbant la lumière de soleil et en assombrissant la neige et les glaciers quand elles se déposent. L'ozone troposphérique, ou de basse altitude, qui se forme à partir d'autre gaz dont le méthane, est le troisième gaz à effet de serre par ordre d'importance après le CO2 et le méthane.

La cinquantaine de scientifiques ayant contribué à cette étude «montre comment un petit nombre de mesures de réduction d'émissions offrent des bénéfices considérables pour la santé publique, l'économie et l'environnement», affirme dans un communiqué Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE. L'étude a sélectionné des mesures à généraliser comme la récupération du méthane dans les secteurs du charbon, du gaz et du pétrole en utilisant des systèmes de combustion plus propres, des pièges à particules pour les véhicules diesel ou l'interdiction du brûlage en plein air des déchets agricoles.

Les mesures contre le CO2 n’ont pas d’impact à court terme

Les mesures sélectionnées sont celles offrant un intérêt à la fois du point de vue de la qualité de l'air et du climat. L'étude compare différents scénarios où ces mesures seraient généralisées à un scénario de référence sans mesures particulières et à un autre se limitant à des actions contre le CO2. Les chercheurs parviennent à la conclusion que c'est la combinaison des actions sur le «noir de carbone», le méthane et le CO2 qui accroît les chances de rester sous l'objectif d'un réchauffement sous les 2°C, la cible que s'est fixée la communauté internationale.

Mêmes drastiques, les mesures pour réduire le CO2, qui reste dans l'atmosphère près d'un siècle, n'auraient pas d'impact majeur sur les 20 ou 30 prochaines années alors que les actions sur la pollution de l'air auraient des bénéfices plus rapides. Cette étude a été présentée à Bonn (Allemagne) où se tient jusqu'à vendredi une réunion de l'ONU préparatoire à la prochaine grande conférence sur le climat, en fin d'année à Durban (Afrique du Sud).