Un observatoire pour mesurer l'impact de l'agriculture sur l'environnement

SCIENCE L'Inra complète son dispositif «Observatoire de recherche en environnement», avec un site en Picardie qui va analyser les pollutions liées à la culture intensive…

Mickaël Bosredon

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Avec ces capteurs, l'Inra veut déterminer de quelle manière les modes de production agricole affectent l'environnement
Avec ces capteurs, l'Inra veut déterminer de quelle manière les modes de production agricole affectent l'environnement — DR/Christophe Maître

Plus de 300 capteurs dans le sol pour mesurer les pollutions liées aux productions agricoles. L’Inra, Institut national de la recherche agronomique, vient d’inaugurer à Estrées-Mons en Picardie un troisième site de mesure, venant compléter sont dispositif ORE, Observatoire de recherche en environnement. Ce site sera dédié à l’analyse des pollutions liées aux systèmes de grande culture.

«Nous partons sur une période d’analyse de dix ans»

«Nous allons chercher à mieux comprendre les modes de production, et regarder comment ils affectent l’environnement, la biodiversité, la qualité des airs, de l’eau et des sols. L’agriculture est un facteur important pour l’évolution de l’environnement en France, explique Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement à l’Inra. Nous avons besoin de mener des expériences sur de longues durées pour bien comprendre son processus.»

Les capteurs implantés dans la terre serviront à mesurer la température et l’hygrométrie du sol, les émissions de gaz à effet de serre…  «Nous partons sur une période d’analyse de dix ans. C’est important de pouvoir analyser les impacts sur de longues durées, surtout lorsqu’on a la maîtrise des pratiques agricoles sur les terres.» Jean-François Soussana explique que l’Inra mène régulièrement des études sur les conséquences des pratiques agricoles, mais jamais à cette échelle, «et nous n’avions encore jamais analysé les impacts sur la qualité de l’air». Autre originalité de l’ORE: «Nous allons aussi regarder l’impact sur l’environnement de certaines cultures alternatives et énergétiques, comme les graminés pour la biomasse.»

Le dispositif ORE a été mis en place en 2003, après l’épisode de canicule que la France avait connu. «Nous avions observé à cette époque un important phénomène de déstockage du carbone, que la matière organique conserve actuellement, ce qui avait contribué à aggraver les émissions de gaz à effet de serre cette année-là. Nous avons estimé que quatre à cinq ans de stockage se sont évaporés. Cette année, si nous poursuivions sur cette tendance de sécheresse, nous pourrions observer le même phénomène.»