Les bonnes ondes de la semaine

REVUE DE PRESSE Le prix d'une abeille, des jeans qui utilisent moins d'eau et des animaux pour les détenus...

Yolaine de la Bigne

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Vente de jeans sur un marché de Manille, Philippines, le 5 janvier 2008.
Vente de jeans sur un marché de Manille, Philippines, le 5 janvier 2008. — C. RAVELO / REUTERS

Qui aurait cru dans les années 70, quand on portait des jeans déchirés pour jouer les rebelles et agacer le bourgeois, que la technique du sablage qui donne ce côté usé au pantalon provoquait des maladies respiratoires, voire la mort, aux ouvriers? Et qu’elle nécessitait des tonnes d’eau et une pollution terrible des rivières? La prise de conscience est en marche et le site masculin.com se félicite de la nouvelle ligne que vient de lancer Levi’s «Water less». Sa différence: une consommation d’eau passe de 15 litres pour 45 litres pour un jean normal. Heureusement, d’autres marques comme Nudie Jeans, ou APC sont pionniers dans ce mouvement, comme nous vous l’avons expliqué dans NEOPLANETE (…). Bientôt, nous siffloterons sans souci ni culpabilité dans nos blue jeans et nos blousons de cuir…

Cette nature qui nous offre tant d’eau pour un jean a un prix! Cela fait des années que les écolos réclament que l’on donne une valeur financière à tous ces services que les animaux ou les végétaux nous rendent. Déjà, la revue scientifique Nature avait fait sensation en 1997 en publiant une étude estimant que l’ensemble de la biodiversité valait entre 16 000 et 54 milliards de dollars, à comparer avec le PNB mondial de l’époque de 18 000 milliards. Le gouvernement britannique remet l’idée au goût du jour, nous explique le Figaro, avec un rapport de 7000 pages qu’il a commandé à 700 scientifiques. Le résultat: une série d’estimations. Par exemple les pollinisateurs et autres abeilles anglaises valent 482 millions d’euros et le gibier tué par les chasseurs 640 millions. L’idée? Arrêter d’exploiter sans vergogne la nature, d’urbaniser à tout va, d’abattre les forêts et de massacrer ces animaux qui nous rendent tant de services et nos donnent tellement de tendresse.

On en est persuadé à la prison de Strasbourg où la zoothérapeute, Patricia Arnoux et la directrice, Bénédicte Brunelle tentent une expérience inaugurée au Québec il y a 15 ans: confier à des prisonniers des animaux abandonnés ou maltraités. Etonnant, nous raconte Paris Match: des durs tatoués et percés, accusés de viols et de meurtres, se transforment en agneaux pour soigner leur cochon d’Inde, leur tourterelle ou leur chien. Souvenirs d’enfance, impression de servir à quelque chose, apaisement psychique, identification à un animal malheureux… les raisons de cet enthousiasme sont nombreuses. Les prisonniers cajolent leurs bêtes, se calment, en parlent entre eux, deviennent plus complices avec les gardiens qui, eux aussi, sont émus par ces boules de poils. D’autres expériences se tentent à Rennes, à Poissy, aux Etats-Unis avec des chiens ou des chevaux… pour que humains et animaux blessés puissent se réconforter mutuellement. Et peut-être un jour faire la fête?

La revue de presse est à écouter sur: http://www.neo-planete.com/2011/06/10/revue-de-presse-des-jeans-plus-responsables-le-prix-de-la-biodiversite-et-la-zootherapie-en-prison