Menace sur le blé: bientôt de super-variétés résistantes à la rouille noire

RECHERCHE Non seulement ces espèces résisteront aux bactéries, mais elles amélioreront aussi le rendement de 15%...

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Champ de blé en loire-Atlantique
Champ de blé en loire-Atlantique — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Des chercheurs sont près de produire des super-variétés de blé résistantes à des variantes particulièrement virulentes du champignon de la rouille noire qui menacent de plus en plus cette importante culture mondiale, selon une recherche publiée vendredi.

Non seulement ces espèces de blé pourront résister à des variétés de ce parasite appelé Ug99, mais elles devraient aussi doper les rendements jusqu'à 15%, selon ce rapport qui doit être présenté au symposium mondial sur la rouille noire du blé à Minneapolis aux Etats-Unis le 13 juin. Ces scientifiques expliquent que des variantes de ce champignon sont de plus en plus virulentes. Elles sont aussi transportées par le vent dans plusieurs pays au-delà de l'Afrique de l'Est où elles ont été initialement identifiées.

De nouvelles informations montrent que ces variantes clé du Ug99 ont été trouvées partout en Afrique de l'Est et du Sud. Ce n'est qu'une question de temps avant que des spores ne soient transportés en Inde ou au Pakistan, même en Australie et sur le continent américain, mettent en garde les auteurs du rapport.

«Nous sommes confrontés au risque d'un véritable brasier biologique mais il est aussi clair que la communauté de la recherche a répondu à cette menace très rapidement et nous engrangeons des résultats sous la forme de nouvelles variétés résistantes à la rouille du blé qui sont attrayantes pour les agriculteurs», explique dans un communiqué Ronnie Coffman. Elle dirige le projet de résistance durable à la rouille du blé (DRRW) à l'Université Cornell (New York, nord-est) qui coordonne la lutte contre ce champignon. Cette chercheuse insiste pour dire que «le travail des scientifiques n'est pas terminé» et rappelle qu'une «réduction des financements publics pour la recherche publique en agriculture a été la cause du problème actuel avec l'Ug99».

«Sans un changement, le problème se posera probablement encore d'ici quelques années car nous avons à faire à un pathogène qui évolue constamment et nous devons toujours garder une longueur d'avance», insiste Ronnie Coffman.