Les agglomérations pas très emballées à l'idée d'interdire les vieilles voitures en ville

POLLUTION Dans une interview exclusive à 20 Minutes, l'adjoint au maire de Bordeaux chargé de la circulation affirme que le projet d'interdire de centre-ville les voitures les plus anciennes ne devrait pas être retenu. Cette mesure proposée au sein du dispositif «Zapa» ne semble pas convaincre les agglomérations concernées…

Recueilli par Marion Guillot, à Bordeaux

— 

La Journée internationale en ville sans voitures, le 22 septembre 2004, à Paris.
La Journée internationale en ville sans voitures, le 22 septembre 2004, à Paris. — AFP PHOTO PHILIPPE DESMAZE

L’idée d’interdire la circulation des véhicules les plus anciens dans les centres-villes est en train de battre sérieusement de l’aile. Celle-ci avait émergé lors de la présentation des Zapa, les Zones d’action prioritaires pour l’air. Ce dispositif du Grenelle de l’Environnement invite les grandes agglomérations françaises à établir des périmètres dans lesquels des actions sont menées pour diminuer la pollution atmosphérique. Pour le moment huit agglomérations se sont portées candidates : Bordeaux, Grenoble, Nice, Paris, Plaine-Saint-Denis, Lyon, Clermont-Ferrand et Aix-en-Provence. Les véhicules de plus de 15 ans (classe Euro-1) étant les plus polluants, ils se sont rapidement trouvés dans le collimateur. Mais ces collectivités devraient finalement privilégier d’autres pistes, peut-être plus populaires en cette année électorale. Joëlle Collosio, Chef du service Qualité de l’air à l’Ademe, confiait il y a quelques temps à 20 Minutes que «les huit collectivités candidates aux Zapa, qui seront au final les décideurs, travaillent surtout sur le fret interurbain car la livraison en centre-ville est un des gros enjeux. L’interdiction de circulation des véhicules légers en ville, c’est peut-être ce qui ne se fera pas à l’arrivée… En revanche la dimension de la zone concernée devra être relativement large, car il serait inutile de faire une expérimentation uniquement sur l’hyper-centre.» L'Ademe a présenté ce mercredi son classement 2010 des véhicules les moins polluants.

Dans une interview exclusive, Michel Duchêne, adjoint au maire de Bordeaux chargé de la stratégie urbaine et de la circulation, confirme que l’interdiction de circulation des voitures n’entre pas dans les réflexions du moment.

Bordeaux fait partie des huit agglomérations qui expérimenteront en 2012 les Zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA). Les véhicules anciens, polluants, pourraient-ils être interdits?

A Bordeaux, nous n'envisageons pas ce type de mesures coercitives, qui pénaliseraient les propriétaires de ces véhicules. Or, ce sont souvent des ménages modestes.

Ce type de restrictions avait pourtant été évoqué lors du lancement des ZAPA?

Il revient à chaque agglomération de choisir sa méthode pour améliorer la qualité de l'air. A Bordeaux, l'interdiction des véhicules anciens sera le dernier recours.

Quelles mesures allez-vous prendre?

Nous allons d'abord lancer une étude pour déterminer dans quels secteurs de la ville la pollution est la plus forte et de quels types de polluants il s'agit : gaz d'échappements, chauffage urbain ou rejets industriels. Les résultats devraient être connus en 2012. Nous devons d'abord comprendre avant d'agir. Ensuite, nous verrons s'il est possible de modifier le phasage des feux tricolores et l'organisation de la voirie, afin de limiter les concentrations de véhicules. Nous pourrons également interdire les cars diesel ou inciter les propriétaires à changer leurs chaudières anciennes, moyennant une aide.