Le microcrédit est de plus en plus populaire auprès des Français

MICROCREDIT Lundi s'ouvre la semaine du microcrédit, un système de financement qui se développe en France...

A.C.

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Isabelle Chechevsky dans son salon de thé et atelier de couture sur mesure à Paris, financé par l'Adie.
Isabelle Chechevsky dans son salon de thé et atelier de couture sur mesure à Paris, financé par l'Adie. — SIMON ISABELLE/SIPA

Prêter une petite somme d’argent à un entrepreneur, souvent exclu du système bancaire traditionnel,  pour lui permettre de lancer son activité, c’est le principe simple du microcrédit. De plus en plus d’organismes financiers se lancent dans cette activité, pour financer des projets dans les pays en développement mais aussi en France. Selon une enquête réalisée en mars par Ipsos/ Logica Business Consulting pour le Baromètre de la microfinance 2011, les Français sont de plus en plus nombreux à connaître le microcrédit et trois quarts d’entre eux aimeraient que ce système se développe en France.

Les Français mieux informés et plus enthousiastes

Encore peu connu il y a quelques années, le microcrédit est maintenant un concept familier pour quatre Français sur cinq. C’est même un système bien connu par 30% des personnes interrogées, qui disent savoir précisément de quoi il s’agit. Non seulement les Français en savent plus sur le microcrédit, mais ils sont aussi plus convaincus de son utilité qu’auparavant: 76% des personnes interrogées, contre 70% en 2010, jugent que le microcrédit «responsabilise ses bénéficiaires en leur donnant les moyens de subvenir eux-mêmes à leurs besoins», et 72% pensent que c’est «une solution innovante pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion dans le monde.»

Une solution qui ne devrait pas être réservée aux pays en développement: 73% des Français estiment que le microcrédit devrait aussi se développer en France, d’autant plus que six personnes sur dix estiment qu’elles auraient du mal à obtenir un prêt pour développer une activité.

Le microcrédit reste «dangereux» pour près de la moitié des Français

Le microcrédit reste toutefois perçu comme une solution «dangereuse» par 47% des personnes interrogées, qui y voient surtout un prêt à des personnes non solvables. Et quand il s’agit d’aider les plus pauvres, les Français choisissent à 42% de faire un don à un organisme luttant contre la précarité, 39% d’investir dans un produit d’épargne solidaire et 19% de prêter de l’argent à un organisme de microcrédit. L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), organisatrice de la Semaine du microcrédit, a donc encore du travail devant elle pour populariser le microcrédit et rassurer les prêteurs potentiels.