L'abandon du nucléaire par l'Allemagne n'est pas représentatif, selon Lauvergeon

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La présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a estimé ce dimanche que le groupe nucléaire français Areva ne pâtira pas de la décision de l'Allemagne de fermer ses derniers réacteurs en 2022 qui, selon elle, «n'est pas le reflet de ce qui se passe dans le monde». «Objectivement, nous ne comptions pas sur ce pays pour notre développement», a déclaré Mme Lauvergeon dans un entretien au Journal du Dimanche.

«La Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, tous continuent (leurs programmes nucléaires, ndlr). En Europe, ce sont la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie les pays scandinaves et baltes, sans oublier la France», a-t-elle fait valoir. La patronne d'Areva reconnaît que «certes, quelques délais supplémentaires» sont anticipés «dans le lancement de nouveaux projets».

La logique allemande en question

«Mais il n'y a pas de remise en cause des "grands parcs nucléaires"», estime-t-elle, soulignant aussi que son groupe entend «accélérer sur les énergies renouvelables» qu'elle juge «complémentaires du nucléaire». Mme Lauvergeon s'interroge sur la logique de la décision allemande d'arrêter ses réacteurs nucléaires. «Par quoi l'Allemagne va-t-elle remplacer son nucléaire? du charbon?, du gaz? Ca veut dire plus de CO2 (...) l'Allemagne devra donc importer de l'électricité venue de pays ayant tous des programmes nucléaires. Où est la logique?», se demande-t-elle.

Interrogée sur la catastrophe de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en mars, la présidente d'Areva a rappelé que «le risque zéro, effectivement, n'existe pas» mais que l'après-Fukushima doit reposer sur «toujours plus de sûreté, de sécurité et de transparence». «Ce n'est pas négociable», ajoute Mme Lauvergeon, en indiquant qu'Areva a d'ailleurs refusé de vendre des centrales nucléaires «à deux pays» pour des raisons de sécurité, sans les citer.