Le Brésil a donné son feu vert à un barrage controversé en Amazonie

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En dépit d'une campagne des écologistes et des indiens contre la construction d'un barrage géant en Amazonie, popularisée par le réalisateur du film Avatar James Cameron, le Brésil vient de donner son feu vert définitif aux travaux de Belo Monte, le troisième barrage le plus grand du monde.

"L'Institut brésilien de l'Environnement (Ibama) a octroyé (au consortium d'entreprises brésiliennes à dominante publique) Norte Energia la licence officielle qui autorise la construction du barrage Belo Monte, sur le fleuve Xingu dont la capacité installée sera de 11.233 MW", a annoncé mercredi l'organisme gouvernemental dans un communiqué.

Les communautés indigènes de la région, les écologistes et l'Eglise catholique ont entamé il y a plus d'un an une campagne contre ce barrage qui inondera une zone de 500 km2 sur les berges du Xingu, dans l'ouest de l'Etat amazonien du Para, et obligera au déplacement de 16.000 personnes, selon les chiffres officiels.

Leur lutte a été popularisée par des vedettes comme le réalisateur canadien du film Avatar James Cameron qui s'est rendu plusieurs fois au Brésil l'an dernier pour soutenir les indiens et demander au président de l'époque, Luiz Inacio Lula da Silva, "d'être un héros et de suspendre" le projet.

"Ce sont des travaux criminels qui entraînent la destruction d'une grande zone de forêt, qui affectent la vie de dizaines de milliers de personnes et qui assèchera le fleuve (Xingu) pour cinq villages indiens", a déclaré à l'AFP Antonia Melo, responsable du Mouvement "Xingu vivant pour toujours".

"Nous ne reculerons pas dans nos efforts" pour empêcher ce barrage, a ajouté l'activiste.

La commission interaméricaine des droits de l'Homme de l'Organisation des Etats américains a également demandé au Brésil d'en suspendre la construction.

"Belo Monte va garantir la sécurité énergétique du Brésil" en produisant 10% de l'énergie électrique du pays, a répondu mercredi le ministre brésilien de l'Energie Edson Lobao, en annonçant un plan de développment durable pour la région.

Selon l'Ibama, la licence pour le barrage se "fonde sur une analyse technique sérieuse" du projet qui comprend des compensations sociales et écologiques pour les populations traditionnelles.

Il y a un an, l'Ibama avait déjà octroyé la licence provisoire et en janvier il avait autorisé le début des travaux préalables d'infrastructure.

D'un coût évalué à 11 milliards de dollars, Belo Monte sera le troisième plus grand barrage au monde (plus de 11.000 MW), derrière celui des Trois Gorges en Chine (18.000 MW) et celui d'Itaipu (14.000 MW) à la frontière entre le Brésil et le Paraguay.

L'une des craintes des populations traditionnelles est l'arrivée massive de travailleurs dans la région. Selon Norte Energia dans un communiqué, la construction du barrage créera 18.000 emplois directs et plus de 23.000 indirects, soit 96.000 personnes au total avec les familles.

Le feu vert arrive au moment idéal pour le début des travaux, en juin, quand commence la saison sèche, a souligné le consortium qui espère respecter les délais de construction : la première turbine doit être mise en route en 2015 et la dernière en 2019.

Aujourd'hui, la capacité énergétique installée du Brésil est de 112.000 MW et doit doubler d'ici à 2019 en passant à 240.000 MW afin d'accompagner la croissance économique du géant latino-américain, selon le gouvernement.