Les entreprises françaises encore peu soucieuses de leur consommation en eau

ENQUETE L'Ifop vient de réaliser pour Hydrelis un sondage montrant que les chefs d'entreprise sont assez peu concernés par leur consommation en eau, même s'ils estiment qu'ils pourraient réaliser des économies en mettant en place des mesures…

Mickaël Bosredon

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Illustration d'un pichet d'eau du robinet.
Illustration d'un pichet d'eau du robinet. — Aurélie Blondel

Chaque salarié utilise en moyenne 25 litres d’eau par jour en France. Et si la consommation des entreprises françaises ne représente que 6% de la consommation totale du pays, il n’empêche que le gaspillage existe, et que les moyens d’y remédier existent. Pour mieux connaître la situation et les attentes des entreprises, la société Hydrelis* a fait réaliser un sondage par l’Ifop auprès de 502 chefs d’entreprises françaises.

Des dirigeants peu soucieux de la gestion de la consommation d’eau de leur entreprise. C’est ce qui ressort du sondage, réalisé du 2 au 10 février 2011. Avant donc l’épisode de sécheresse qui est en train de gagner la France, souligne l’Ifop.

Pour 78% des patrons, l’eau en France est «coûteuse»

L’institut de sondage a donc relevé «un grand détachement de la part des chefs d’entreprise par rapport à la ressource en eau, qui n’est pas un souci pour eux». Ainsi, on relève que 53% des entreprises interrogées n’ont pas mis en place d’actions pour mieux gérer leur consommation en eau et que 51% ne connaissent pas le montant de la facture annuelle payée par leur entreprise. Rien à voir avec la facture d’électricité, connue, elle, par 60% des chefs d’entreprise. D’ailleurs, si 77% des patrons se disent tout de même «attentifs» à l’eau dans leur entreprise, ce pourcentage grimpe à 96% pour l’électricité.

Pourtant, 71% pensent que «la mise en place de pratiques permettant une gestion économe de l’eau permettrait de réaliser des économies», 25% estimant même que ces économies seraient «importantes». La proportion de chefs d’entreprise (47%) qui ont déjà mis en œuvre des pratiques économes (relève régulière de compteurs, mise en place de matériel hydro-économe, surveillance des fuites, information du personnel sur les économies d’eau…) confirment à 59% que celles-ci ont permis de réaliser des économies «importantes», et à 35% des économies «pas importantes».

Pour 78% des patrons, l’eau est à l’heure actuelle en France «coûteuse», et pour 71% le prix de l’eau dans leur entreprise est «élevé». «On voit donc un certain immobilisme, alors qu’ils ont conscience des économies qu’ils pourraient réaliser en prenant des mesures d’économie.»

Ces résultats sont peu étonnants au regard de l’analyse fournie par Anastasia Angueletou-Marteau, économiste de l’eau au laboratoire EDDEN (Economie du développement durable et de l’énergie) à Grenoble. «L’alimentation en eau se fait de manière locale: il y a en France 12.400 services de distribution d’eau potable, et donc 12.400 prix de l’eau différents. Le prix dépend des investissements réalisés sur le réseau, des technologies utilisées.» L’économiste affirme par ailleurs que «le prix de l’eau va continuer à augmenter» car «pour se mettre en accord avec la directive-cadre demandant un bon état des ressources pour 2015, il va falloir investir fortement dans les infrastructures, notamment d’assainissement, qui représentent déjà 85% des dépenses actuelles».

* Hydrelis est une entreprise qui a mis en place des solutions pour l’optimisation de la gestion du cycle de l’eau, comme le switch-flow, système breveté et unique au monde de disjoncteur se branchant derrière le compteur d’eau, et fonctionnant sans électricité. Associé à une radio il permet le suivi des consommations, et il peut être piloté à distance.