Le ministère de l'Ecologie planche pour réduire la facture énergétique

ENERGIE Le ministère de l'Ecologie a lancé ce mardi sa table ronde pour l'efficacité énergétique. Elle devra proposer des leviers pour abaisser les consommations dans les secteurs du transport et du logement, très énergivores…

Mickaël Bosredon

— 

L'Ecoquartier des Perrières, à la Chapelle-sur-Erdre, va accueillir 1200 logements d'ici à 2017.
L'Ecoquartier des Perrières, à la Chapelle-sur-Erdre, va accueillir 1200 logements d'ici à 2017. — F. Elsner / 20 Minutes

Objectif: réduire de 20% la consommation énergétique de la France d’ici à 2020. Pour atteindre ce but, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, ses deux secrétaires d’Etat de tutelle Benoist Apparu pour le Logement et Thierry Mariani pour les transports, et le président de l’Ademe Philippe Van de Maele, ont lancé ce mardi la «table ronde nationale pour l’efficacité énergétique». Elle sera officiellement installée le 15 juin, et devra fournir des premières propositions d’ici au mois de novembre pour une mise en œuvre de premières actions dès la fin de cette année.

«La meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas»

Les pays européens «ne pourront pas se mettre d’accord sur les meilleurs moyens de produire de l’énergie, ce sujet est trop polémique» a estimé Nathalie Kosciusko-Morizet, faisant référence à l’annonce de l’Allemagne, lundi 30 mai, de stopper sa production d’électricité à base d’énergie nucléaire d’ici à 2022, tandis que la France a décidé de poursuivre sur cette voie. «Mais je pense que la meilleure énergie reste celle qu’on ne consomme pas, et ce point peut faire consensus.»

Selon les derniers chiffres de l’Insee, le prix de l’énergie en France a augmenté de 13,7% en un an. «Une inflation qui fait deux victimes principales, selon NKM: les entreprises, et le pouvoir d’achat des ménages. Particulièrement ceux qui se trouvent en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire qui consacrent plus de 10% de leur budget au domaine de l’énergie.» Au niveau du pays, la facture de gaz et de pétrole se chiffre à 45 milliards d’euros par an.

Depuis 2003 le rythme annuel d’économie d’énergie de la France est de 1,3% assure le ministère de l’Ecologie. «Il y a eu un décrochage en 2008 en raison de la crise, mais nous pouvons arriver à 3% par an». Il le faudra pour atteindre les 20% en 2020. «Pour le moment nous sommes sur la bonne voie, puisque si l’on continue comme cela nous arriverons à faire baisser de 17% notre consommation énergétique en 2020. Mais il y a encore des efforts à réaliser pour atteindre les 20%».

Un tiers des 100.000 logements construits en 2011 sera déjà «BBC»

Les transports et le secteur de la construction sont les deux domaines sur lesquels le gouvernement entend agir. «En ce qui concerne la construction neuve, les chantiers sont en œuvre, rappelle Benoist Apparu. La RT 2012 (Réglementation thermique) entrera en vigueur au 1er janvier 2013 pour toutes les constructions de logement, et impose une consommation maximum de 50 kwh/an/m2. L’ensemble du marché s’est très fortement mobilisé, puisqu’à la fin de cette année, un tiers des 100.000 logements construits sera déjà en BBC (Bâtiment Basse Consommation). Reste l’essentiel, à savoir le parc de logements existants. Pour le rénover plusieurs outils sont déjà en place (programme «Habiter Mieux», éco-prêt logement social, diagnostic de performance énergétique…) mais certains doivent être améliorés, comme l’éco-prêt à taux zero.» Benoist Apparu entend associer les banques à la table ronde sur l’efficacité énergétique. «Pour le moment lorsqu’elles accordent un prêt, elles ne prennent en compte que la capacité de remboursement du client, jamais le niveau de charges du logement, qui sera bien plus élevé s’il s’agit d’un bâtiment énergivore.»

Le secteur du transport représente 31.9% de la consommation totale du pays. Et le transport routier 80% de cette part. «Pour réduire cette consommation, nous lançons des actions de report modal en faveur des transports publics, à travers notre soutien à la création de quatre nouvelles lignes de TGV, à 120 projets de transports en commun urbains en province, et au Grand Paris» énumère Thierry Mariani.

Nathalie Kosciusko-Morizet a aussi déclaré miser beaucoup sur «les évolutions technologiques». «En ce qui concerne les réseaux électriques intelligents, nous avons des produits qui arrivent à maturité. La sobriété énergétique ce n’est donc pas un retour en arrière, au contraire c’est faire appel à des innovations, et c’est créateur d’emplois.»