Monsanto dépose un brevet sur le melon

AGRICULTURE La firme américaine a breveté un melon résistant à certains virus...

A.C.

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Des melons sur le marché de Rungis.
Des melons sur le marché de Rungis. — WINFIELD PETER/SIPA

Le melon selon Monsanto: par simple sélection génétique, le semencier américain a réussi à développer un nouveau genre de melon résistant à certains virus qui touchent les cucurbitacées. L’Office européen des brevets (OEB) a accordé ce brevet en mai, soulevant la colère des associations militant contre la «bio-piraterie». «Ce brevet est un abus du droit des brevets parce qu’il ne repose pas sur une véritable invention», dénonce Christoph Then, porte-parole de l’association No patent on seeds (Pas de brevet sur les graines).

Il ne s’agit en effet pas d’une nouvelle espèce de melon mais simplement d’une sélection de variété de melons d’Inde, naturellement résistantes aux virus. Le droit européen interdit les brevets sur «les méthodes de sélection conventionnelles», rappellent les associations, mais cette fois l’OEB a accordé à Monsanto le droit de breveter sa découverte.

La «marchandisation du vivant» dénoncée par les associations

Monsanto détient maintenant l’exclusivité sur l’accès au matériel génétique qui pourrait permettre d’éradiquer le «Cucurbit yellow stunting disorder virus», un virus qui se propage dans les cucurbitacées d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Nord.

Le brevetage du vivant, et particulièrement des graines et semences, fait l’objet de vifs débats entre les industriels et les associations, qui dénoncent une marchandisation du vivant. Les agriculteurs qui souhaitent cultiver les plantes brevetées doivent rémunérer les entreprises qui détiennent le brevet, comme pour les plantes génétiquement modifiées.