La ville de demain se veut «intelligente»

TECHNOLOGIE Dans son centre support clients de Montpellier, IBM développe des solutions dites intelligentes qui géreront automatiquement les réseaux urbains dans les futurs éco-quartiers...

A Montpellier, Mickaël Bosredon

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 Dans son centre support clients de Montpellier, IBM montre les solutions innovantes qu'il peut apporter pour la ville de demain
 Dans son centre support clients de Montpellier, IBM montre les solutions innovantes qu'il peut apporter pour la ville de demain — M.BOSREDON/20MINUTES

Des «réseaux intelligents» qui donnent l’alerte lorsqu’une fuite d’eau est détectée sur une infrastructure urbaine, qui régulent automatiquement la chaleur des bâtiments en anticipant les changements météo, ou qui modulent l’intensité lumineuse des lampadaires en fonction de l’heure et du trafic? Non ce n’est pas de la science-fiction, cela existe déjà. Cela s’appelle des «smart grids». Mais tous ces systèmes appliqués en même temps à l’échelle d’une ville entière, cela reste encore de l’ordre de l’imaginaire.

IBM assure pourtant qu’il est en passe d’équiper de futurs éco-quartiers français de systèmes de «multi-grids», via sa plateforme de recherche RIDER (Réseaux et Interconnectivité des Energies classiques et Renouvelables).

Le projet RIDER, c’est une plateforme intelligente pour la gestion des énergies dans le bâtiment à multi-échelles et multi-sources. «Le but est d’optimiser l’efficacité énergétique d’un groupe de bâtiments, voire d’un quartier entier. On commence par mettre des capteurs de température, d’hygrométrie, de présence humaine. Cette masse d’infos est ensuite captée par des superviseurs, qui traitent les données et agissent en fonction» explique Denis Gras, «solution architect» chez IBM.

Récupération de chaleur et péages routiers automatiques

«Ces outils peuvent permettre de réduire les coûts d’opération d’une ville de l’ordre de 15%, assure Sylvie Spalmacin-Roma, vice-présidente «Pour des villes plus intelligentes» d’IBM France. L’entreprise vise même des économies d’énergie pouvant aller jusqu’à 30%. «Pour la gestion des énergies nous avons déjà pas mal d’endroits au monde où nous comptons des réalisations, comme sur l’Ile de Malte, à Rio ou à La Réunion. Malte a été confronté il y a 6 ans à un problème de black-out électrique en pleine saison touristique. Or, l’un des plus gros clients d’Enemalta est l’entreprise de désalinisation d’eau de mer, qui fournit 50% de l’eau potable. L’île s’est donc retrouvée face à un double problème énergétique. Plutôt que de construire une nouvelle centrale fonctionnant avec des énergies fossiles, elle a lancé un appel d’offres pour trouver des solutions innovantes. C’est ainsi que nous avons été amenés à travailler sur le premier multi-grid au monde, en agissant conjointement sur les réseaux d’eau et d’électricité. Avant, le taux de fuite était de 15% dans ces deux réseaux, nous l’avons ramené à 2%, grâce à un système qui alerte en temps réel sur la présence de fuite.»

La réflexion d’IBM sur des éco-quartiers français entend aller plus loin encore. «Un des grands projets de RIDER c’est de récupérer la chaleur de la production industrielle, pour aller chauffer d’autres bureaux ou des salles de cours», explique Denis Gras. IBM développe déjà dans son «Centre support client» de Montpellier un système de «Green Data Center», qui récupère la chaleur des salles où sont enfermés les immenses serveurs informatiques.

«Sur les transports nous proposons aussi des solutions, comme à Stockholm où nous avons développé un péage urbain intelligent qui ne nécessite pas l’arrêt du véhicule, cela évite les files d’attente donc les bouchons», poursuit Sylvie Spalmacin-Roma.

«Le but est de proposer des outils d’aide à la décision», insiste François Briant, architecte et directeur technique du centre support clients. «Tous ces outils ne servent à rien s’ils ne rendent pas la ville plus intelligente.»