Une parodie de procès contre l'humanité accusée de détruire l'environnement

ENVIRONNEMENT Les juges étaient une vingtaine de prix Nobel...

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La princesse Victoria de Suède prononce le discours d'ouverture du troisième symposium des prix Nobel sur le développement durable, à Stockholm, le 17 mai 2011.
La princesse Victoria de Suède prononce le discours d'ouverture du troisième symposium des prix Nobel sur le développement durable, à Stockholm, le 17 mai 2011. — AFP PHOTO/JONATHAN NACKSTRAND

Un procès-fiction prémonitoire? Une vingtaine de lauréats du prix Nobel ont participé mardi en tant que juges à une parodie de procès dans lequel l'humanité était accusée de dégrader l'environnement, ont annoncé les organisateurs d'un symposium à Stockholm sur le renouvellement durable. «Il s'agit d'un procès civil pour déterminer si nous avons manqué à notre relation» avec la planète «et pour voir comment nous pouvons restaurer cette relation», a expliqué le président du symposium, Johan Rockström, lors d'une conférence de presse à l'Académie royale suédoise des sciences.

«Bien sûr nous ne sommes pas naïfs, nous savons que nous n'avons aucun pouvoir au statut légal, et que donc tout est symbolique. Mais ce que nous avons pour nous c'est la rationalité, le bon sens et la sagesse», a commenté le prix Nobel de chimie 1995, le Mexicain Mario Molina. Il est aujourd'hui conseiller scientifique du président américain Barack Obama. Le «procès» constituera l'une des sessions de ce troisième symposium biennal des lauréats du Nobel sur le développement durable, une manifestation de trois jours qui s'est ouverte mardi dans la capitale suédoise.

«Quoi qu'il arrive, l'Histoire nous jugera»

Outre les lauréats du prestigieux prix suédois, de grands scientifiques et spécialistes de l'environnement participent aux travaux qui doivent aboutir à la rédaction d'un Mémorandum de Stockholm, qui doit être présenté mercredi avant d'être remis à l'ONU. L'une des sessions de travail a pris la forme d'un procès car «nous en sommes arrivés à un point où une simple énième réunion avec un énième dialogue n'aurait pas eu d'impact», a expliqué Johan Rockström. «Quoi qu'il arrive, l'Histoire nous jugera», a déclaré à la presse le ministre suédois de l'Environnement Andreas Carlgren, expliquant qu'en réalité dans ce «procès» l'humanité allait se juger elle-même en pensant aux générations futures.

Le Mémorandum de Stockholm sera remis à un groupe de l'ONU mis sur pied par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et auquel participent notamment le président sud-africain Jacob Zuma et son homologue finlandaise Tarja Halonen. L'objectif de ce groupe est de mettre au point une «nouvelle vision» du développement durable pour la Conférence de l'ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro en 2012.