Hong Kong: un programme de contrôle des naissances pour les singes

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Les singes macaques se plaisent tant à Hong Kong, malgré les grands immeubles et la forte densité d'habitants, que les autorités ont dû se résoudre à les soumettre à un programme de contrôle des naissances afin de limiter leur population.

Grâce à un accès aisé à la nourriture, le nombre de ces singes a dépassé récemment les 2.000 individus. Débarrassés de leur crainte naturelle de l'homme, les animaux s'aventurent de plus en plus en zone urbaine, provoquant une multiplication des nuisances et des plaintes.

Des cas de singes agressifs, à la recherche de leur pitance, s'emparant des sacs et dérangeant les habitants, se sont multipliés, à mesure que la frontière entre leur habitat et celui des humains est devenue de plus en plus poreuse.

"Je pense que nous avons encore beaucoup de place pour la vie sauvage. Mais la campagne et la ville se touchent et parfois, un conflit survient", explique Chung-tong Shek, employé du Département de conservation de l'agriculture et de la pêche (AFCD), qui supervise le programme de contrôle des naissances des singes, dont les premiers tests ont été lancés en 2002.

Deux fois par mois, des interventions sont pratiquées sur les femelles, 1.500 animaux ayant été stérilisés de façon permanente ou temporaire depuis le début du programme. Jusqu'à récemment cette stérilisation concernait également les mâles, mais le programme se concentre actuellement sur les femelles.

"Entre l'utérus et les ovaires se trouvent un tube dont nous coupons deux morceaux. Cela ne prend que quelques minutes", explique Paolo Martelli, vétérinaire en chef de la Fondation Ocean Park, à laquelle cette mission a été confiée.

"Il est important de conserver les ovaires car ils jouent un rôle important au niveau hormonal", ajoute--t-il.

Ce programme, qui a reçu l'approbation des groupes de défense des animaux, ne vise pas à éliminer la population de macaques, mais à la contrôler.

"Les méthodes sont bien préférables à l'usage de poison ou d'autres méthodes qui font souffrir les animaux. C'est un autre exemple de méthode non-létale de contrôle des populations d'animaux sauvages", estime Ashley Fruno, porte-parole en Asie-Pacifique de l'Association pour un traitement éthique des animaux.

Aucune limite à la population des macaques n'a été fixée, a précisé M. Shek, mais le nombre de plaintes d'habitants a nettement baissé, passant de 1.400 en 2006 à moins de 200 sur les dernières années.

Si le programme semble donner des résultats, la principale difficulté reste la capture des animaux.

"Il est très difficile d'attraper un singe. Nous avons tout essayé", confie Sally Kong, responsable à l'AFCD.

La plupart des méthodes, comme les filets ou les pièges, ne peuvent en effet être mises en oeuvre qu'à quelques reprises car les singes s'y habituent et reconnaissent les intervenants et leurs véhicules et s'enfuient.

De grandes cages ouvertes en permanence, où les singes viennent se nourrir, s'avèrent la méthode la plus efficace. La nourriture leur est, de plus, fournie par des agents que les singes sont habitués à voir.

"De cette façon, ils ne paniquent pas lorsqu'on les attrape. Ils continuent juste à manger, comme ils l'ont déjà fait au même endroit à plusieurs reprises", ajoute M. Martelli.