L'audit du nucléaire français pourrait être recalé par Bruxelles

NUCLEAIRE La France ne souhaite pas prendre en compte les risques terroristes et humains, mais le Parlement européen veut que tous les risques soient évalués...

A.C. avec Reuters
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Vue générale de la centrale nucléaire de Gravelines prise le 08 Janvier 2003.
Vue générale de la centrale nucléaire de Gravelines prise le 08 Janvier 2003. — AFP/ PHILIPPE HUGUEN

Que se passerait-il en cas d’attaque terroriste sur une centrale nucléaire? A la veille d'une réunion clé sur les «stress tests» que vont subir les 143 réacteurs nucléaires de l'Union européenne, les Etats restent divisés mercredi sur le bien-fondé de tester ou non le risque terroriste. La France continue de s'opposer à cette possibilité qui, estime-t-elle, pourrait avoir un impact négatif sur la filière. La Commission européenne pousse en sens inverse en faisant valoir le besoin de transparence envers les populations.

Les tests sur le risque terroriste pourraient ne pas être publiés

Mercredi, le président de l'exécutif communautaire, José Manuel Barroso, et son commissaire à l'Energie ont insisté sur leur position. «Ces tests doivent être complets et inclure une large gamme de scénarios, naturels et du fait de l'homme, en se centrant sur leur impact possible sur le fonctionnement des centrales», a déclaré le premier dans un communiqué. Le second, par la voix de sa porte-parole, a ajouté qu'il était «toujours d'avis que les chutes d'avion et les attaques terroristes devaient faire partie des critères». «Nous allons faire des propositions en ce sens», a déclaré la porte-parole, qui a toutefois indiqué que le commissaire allemand était prêt à un compromis consistant à ne pas publier les résultats de ces tests sur le risque terroriste afin de préserver la confidentialité des systèmes de défense.

Les «stress tests» sont organisés sur une base volontaire et il reviendra in fine aux Etats membres d'en tirer les conséquences, comme la fermeture d'une centrale par exemple. La réunion du groupe des régulateurs européens de la sureté nucléaire organisée jeudi à Bruxelles devra arrêter la méthodologie des tests, près de deux mois après la catastrophe de Fukushima