L'audit de sûreté du nucléaire français ne convainc pas Greenpeace

NUCLEAIRE L'Autorité de sûreté nucléaire a présenté lundi son plan d'audit des centrales françaises, mais pour Greenpeace il est insuffisant...

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La centrale nucléaire de Fessenheim.
La centrale nucléaire de Fessenheim. — CEDRIC JOUBERT/SIPA

Greenpeace a estimé lundi que l'Autorité de sûreté nucléaire se «voile la face» en excluant de l'audit programmé sur les centrales françaises «les risques d'accidents ou les risques d'origine humaine comme une explosion chimique, un crash d'avion, ou un acte de malveillance». «La France nie tout un pan de la réalité», a regretté Greenpeace dans un communiqué.

L'ASN a défini lundi le calendrier de l'audit demandé aux douze exploitants d'installations nucléaires en France pour tirer d'ici à la mi-novembre les premières leçons de l'accident survenu à Fukushima (Japon). Cet audit porte notamment sur les phénomènes naturels extrêmes et la perte des systèmes d'alimentation électrique et de refroidissement.

«Attendra-t-elle un crash aérien sur un réacteur?»

«Certes, l'ASN a inclus les facteurs humain et organisationnel, notamment le problème de la sous-traitance, dans le cahier des charges. Mais tout comme elle a attendu le séisme japonais pour étudier les conséquences des événements naturels sur les centrales, attendra-t-elle un crash aérien sur un réacteur pour étudier cet aspect du problème?», s'interroge dans ce communiqué Sophia Majnoni D'Intignano, en charge du nucléaire à Greenpeace-France. «N'oublions pas que 2/3 des Français vivent dans un rayon de 75km autour d'une centrale», souligne-t-elle.

Le risque terroriste ne sera pas pris en compte «dans l'immédiat», faute de délai suffisant pour «mener des études sur ce sujet», a expliqué lundi le président de l'ASN, André-Claude Lacoste. Ce type d'analyse, a-t-il ajouté, ne peut se faire dans la transparence, en publiant les rapports d'évaluation.