Les ONG du Grenelle et l'Elysée, irréconciliables sur le nucléaire

NUCLEAIRE Le chef de l'Etat s'oppose aux associations qui réclament la sortie du nucléaire...

avec Reuters

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Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que la réflexion engagée par le gouvernement sur les futurs partenariats nécessaires à l'avenir du groupe Areva "aboutisse rapidement", lors d'une visite du chantier du premier EPR français à Flamanville (Manche).
Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que la réflexion engagée par le gouvernement sur les futurs partenariats nécessaires à l'avenir du groupe Areva "aboutisse rapidement", lors d'une visite du chantier du premier EPR français à Flamanville (Manche). — Gerard Cerles AFP

Elles ont remis l’atome sur le tapis. Les organisations de défense de l'environnement ayant participé au Grenelle et Nicolas Sarkozy ont acté lundi leur désaccord sur la question de la sortie du nucléaire. Nicolas Sarkozy reste convaincu que la France et, plus généralement, les pays industrialisés ou émergents, ne peuvent se passer de cette source d'énergie. Les associations restent certaines, au lendemain de la catastrophe de Fukushima, qu’une sortie progressive du nucléaire doit être envisagée. Le chef de l'Etat leur a toutefois promis un audit sur cette filière énergétique.

Pas de sortie du nucléaire, mais une réduction de la consommation

«On a acté un certain nombre de désaccords avec le président de la République, notamment sur la sortie du nucléaire que nous demandions tous», a déclaré à la presse Bruno Genty, président de France nature environnement (FNE). Le chef de l'Etat et les ONG se sont en revanche mis d'accord sur la nécessité de travailler sur la réduction des consommations d'énergies, a précisé Bruno Genty.

Le président de FNE a demandé que cinq milliards d'euros du grand emprunt public destiné à financer des investissements d'avenir en France soient consacrés à la réduction des consommations d'énergies. Cela permettrait de mobiliser pour cette politique 20 à 25 milliards d'euros, grâce à l'effet de levier du grand emprunt et Nicolas Sarkozy s'y est déclaré favorable, a-t-il dit.

Les discussions, auxquelles a également participé la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont aussi porté sur la fiscalité écologique, alors que le gouvernement a renoncé à mettre en place une «taxe carbone» dont l'instauration avait été décidée dans le cadre du Grenelle de l'environnement. Selon Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC, il a notamment été proposé d'étudier la constitutionnalité de la fiscalité écologique et la fiscalité du patrimoine naturel. «Le chantier est ouvert et on espère des mesures en matière de fiscalité du patrimoine naturel pour la loi de finances 2012», a-t-il ajouté.

Enfin, selon Karine Gavand, responsable des relations politiques de Greenpeace, Nicolas Sarkozy a proposé d'organiser une consultation sur les questions d'efficacité énergétique. «Parler d'efficacité énergétique sans remettre en cause le modèle énergétique français, pour nous c'est inadmissible», a cependant ajouté la représentante de Greenpeace, qui refuse de participer à une telle consultation.

Les opposants au nucléaire ont «perdu leur sang-froid»

L'accident de la centrale japonaise de Fukushima, à la suite du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars, a relancé en Europe le débat sur le recours à l'atome, notamment en France, où près de 80% de l'électricité est d'origine nucléaire. Malgré cela, Nicolas Sarkozy entend confirmer le choix de la France mardi en se rendant sur le site de la centrale de Gravelines, dans le Nord, et dénoncer à cette occasion «la perte de sang-froid», selon lui, de ceux qui demandent aujourd'hui l'abandon du nucléaire.

Lors de sa rencontre avec les ONG du Grenelle de l'environnement, il a cependant promis de demander à la Cour des comptes un audit sur la filière nucléaire française, son coût et son financement, ont rapporté des participants. Mais il a refusé de suspendre la construction de la nouvelle centrale de Flamanville (Manche) pendant la durée de l'audit -suspension demandée par Greenpeace, dont une cinquantaine de militants ont bloqué lundi matin les accès au chantier.