Le chantier de l'EPR de Flamanville bloqué par Greenpeace

NUCLEAIRE Les militants écologistes ont pris d'assaut le chantier pour protester contre le nucléaire...

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Manifestation anti-nucléaire devant l'EPR de Flamanville, le 23 avril 2011.
Manifestation anti-nucléaire devant l'EPR de Flamanville, le 23 avril 2011. — AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

L'association écologiste Greenpeace bloque depuis lundi vers 03H30 (01H30 GMT) les quatre accès au chantier EDF du réacteur nucléaire nouvelle génération EPR de Flamanville, dans la Manche (ouest), tandis que d'autres membres de l'association escaladent les grues du chantier, a constaté un correspondant de l'AFP. «Le nucléaire sûr n'existe pas, on veut dès maintenant un moratoire sur le nucléaire, et ça même André-Claude Lacoste, le patron de l'ASN, l'a évoqué», a expliqué à l'AFP Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace France.

L'opération sur le site de l'EPR a commencé à 03H30. «Des militants se sont enchaînés sur les quatre grilles d'accès du chantier et deux véhicules ont été fixés sur les routes habituelles d'accès par un système installé à l'intérieur du véhicule», a expliqué Yannick Rousselet. Vers 05H00 les premiers ouvriers qui voulaient accéder au chantier se sont retrouvés bloqués devant l'accès principal du site où la gendarmerie était présente, selon un correspondant de l'AFP.

Une quarantaine de grimpeurs sur les grues

Les militants, des Français mais aussi des Belges ou encore de Finlandais et des Canadiens, se sont attachés aux grilles, mais aussi dans les véhicules de l'association fixés au sol. En tout, une soixantaine de militants sont arrivés sur le site, dont une vingtaine sur les grilles tandis qu'une quarantaine d'autres, des «grimpeurs», ont entamé l'ascension des grues du chantier, selon Yannick Rousselet. Trois des principales grues du chantier étaient investies vers 05H00, selon l'association. «Le but est de rester le plus longtemps possible», a affirmé Yannick Rousselet.

Le chantier de l'EPR de Flamanville, l'un des deux chantiers EPR les plus avancés dans le monde (l'autre se situant en Finlande), emploie quelque 3.400 personnes. EDF, le maître d'oeuvre, a annoncé en juillet 2010 qu'il repoussait de deux ans, à 2014, la mise en service de ce réacteur que la France veut exporter, et avait relevé son coût à 5 milliards d'euros contre 3,3 milliards initialement. L'EPR est régulièrement la cible des associations écologistes comme le 23 avril où entre 580 et 800 personnes s'étaient rassemblées devant le site pour réclamer la sortie du nucléaire. Fin mars André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait évoqué devant le Parlement français la possibilité d'un moratoire sur la construction de l'EPR.