Une mauvaise récolte de pistaches qui cache des déséquilibres planétaires

AGRICULTURE En Australie, la récolte a été dévastée par un champignon dont la propagation a été favorisée par les inondations et la monoculture...

A.C.

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Récolte de pistaches en Californie, en septembre 2010.
Récolte de pistaches en Californie, en septembre 2010. — Justin Kase Conder/SIPA

Habituellement, elle ne s’attaque qu’aux mangues. Mais cette année, l’anthracnose a fait des ravages dans les plantations de pistaches australiennes: plus de 50% de la récolte a été tuée par cette maladie, qui a prospéré à cause des inondations  de janvier dernier. Mais c’est aussi le modèle agricole dominant qui est responsable de cette calamité pour les agriculteurs: l’uniformisation des cultures par la sélection de la variété la plus rentable de pistaches a empêché les arbres de répondre à la menace naturelle.

«Les maladies des plantes sont largement liées à l’activité humaine»

«La culture industrielle de plantes génétiquement similaires favorise la propagation rapide des pathogènes», explique Scot Nelson, pathologiste des plantes à l’université de Hawaii. Les pistaches australiennes sont toutes issues d’une variété unique sélectionnée pour son goût, son aspect et ses coques faciles à ouvrir. Une variété rentable mais qui a fortement favorisé le développement des champignons: lorsqu’une plante est touchée, toutes ses semblables peuvent l’être très rapidement, et elles ont moins de possibilités d’évoluer pour devenir naturellement résistantes, explique Scot Nelson.

Le champignon «Colletotrichum gloeosporiodes» a également profité des fortes précipitations du début de l’année en Australie. Si les événements climatiques extrêmes se multipliaient à l’avenir, notamment en raison du changement climatique, les pratiques agricoles actuelles seraient inadaptées pour faire face aux nouvelles maladies: «Les pathogènes s’adaptent et évoluent en fonction des déséquilibres de nos systèmes, commente Scot Nelson. Pour cette raison, on peut considérer que l’évolution des maladies des plantes est largement liée à l’activité humaine.»