Ralentir, il y a urgence!

FOIRE DE PARIS Comment se déformater d'une société du «toujours plus, toujours plus vite» pour rejoindre les réseaux qui prônent un rythme social plus lent? Voici quelques pistes pour un quotidien plus cool, à l'occasion de la Foire de Paris, dédiée au slow time...

Pascale d’Erm, avec Françoise Latour et Yolaine de la Bigne

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Le salon de la slow food à Turin, en octobre 2006.
Le salon de la slow food à Turin, en octobre 2006. — ALBERTO RAMELLA/SIPA

Faire des choix
La lenteur est d’abord une stratégie de déconditionnement. Pour Carl Honoré, auteur de L’Éloge de la lenteur (Ed.Marabout), l’enjeu est de s’exercer au «changement de vitesse» par paliers. Concrètement, il s’agit de faire un tri dans sa vie en rusant avec les contraintes «mangeuses» de temps: acheter sur Internet, se faire livrer, proposer un apéritif dînatoire plutôt qu’un dîner, congeler les repas de la semaine en cuisinant le dimanche et ne sortir toute qu’un soir par semaine… À chacun ses priorités: ralentir, c’est choisir!

Dé-bran-cher !
La technologie a poussé la vitesse à son comble, jusqu’à l’instantanéité, presque l’ubiquité. Les nouveaux outils de communication (smartphones, mails, ordinateurs portables, etc.) nous ont rendus «multitâches». Pas moins de 46 % des salariés français doivent régulièrement abandonner ce qu’ils font pour une tâche encore plus urgente (1) alors que les cadres doivent interrompre leur travail environ toutes les 10 minutes pour répondre à un appel, un courriel ou un fax (2). Un morcellement du travail qui nuit à la concentration. Quelles solutions? Débrancher le téléphone une heure par jour pour traiter les priorités et accepter de déléguer permettent de gagner un temps précieux. A découvrir aussi: le PDA (assistant personnel numérique regroupant courrier électronique, agenda, navigateur Web) que l’on fermera une fois les tâches accomplies. Chez soi, on pourra renoncer à la TV pendant les repas, à l’ordinateur pendant les congés et réduire ses échanges sur Facebook. Jusqu’à s’accorder des journées sans montre en prenant le temps de lire, flâner, rêver….
(1) Étude SUMER du ministère du Travail sur les nuisances au travail.
(2) Enquête de la société d’études Gallup en G-B, USA, Allemagne.

Maîtriser sa mobilité
Un salarié parcourait trois kilomètres par jour en moyenne dans les années 1960, contre une trentaine aujourd’hui. Évitez la voiture et les embouteillages puis valorisez votre temps dans les transports pour lire, écrire, envoyer des SMS, ou écouter de la musique. Vous pouvez aussi demander à votre employeur une journée de télétravail à domicile. Enfin, pensez à lister les lieux proches de chez vous où vous pourrez vous rendre à vélo ou à pied.

Opter pour des séjours « Slow »
À quoi sert de ralentir si le temps des vacances redevient trépidant? Randonnée, balades à vélo, équitation… tous les moyens sont bons pour casser le rythme jusqu’au «Slow Travel» (4), des séjours privilégiant contemplation, découverte des paysages et des hommes et art de vivre.
(4) www.klikango.com, www.voyageons-autrement.com/slow-travel.html

Consommer moins
La prise de conscience de notre fébrilité consumériste sera l’un des aspects positifs de la crise économique ! Se poser la question: «J’en ai vraiment besoin?» et l’expliquer aux enfants. Eviter les week-ends dans les magasins pour lutter les tentations inutiles, faire des listes de courses plutôt que de flâner entre les rayons, privilégier les petits magasins aux immenses centres commerciaux… Bref, redonner du sens à nos achats qui doivent rester utiles et non devenir un loisir.

Plus de conseils pour vivre en mode slow time sur NEOPLANETE