Des vêtements qui créent de l'électricité pour les plus pauvres

ENERGIE Une idée qui pourrait permettre aux populations les plus défavorisées d'avoir accès à l'électricité...

A.C.

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Une femme coud grâce à une machine alimentée à l'électricité solaire, en Inde.
Une femme coud grâce à une machine alimentée à l'électricité solaire, en Inde. — REUTERS/Amit Dave

Du fil et une aiguille: voilà tout ce dont les couturières auront besoin pour fournir de l’électricité à leur village. Le programme associatif «Portable light project», lancé par un cabinet d’architectes et un fabricant de panneaux solaires américains, veut permettre aux populations les plus défavorisées dans le monde d’avoir accès à l’électricité en la créant eux-mêmes. Grâce à un kit, fourni par l’association, pour coudre des mini-panneaux solaires sur les vêtements ou les sacs, il suffit de les porter toute la journée pour pouvoir s’éclairer le soir ou recharger un téléphone portable.

Trois heures au soleil, sept heures d’utilisation

Le kit, vendu 16 dollars aux couturières des villages volontaires, est composé d’un fin panneau solaire de deux watts, d’une batterie rechargeable, d’un port USB et d’une ampoule LED. Ce dispositif peut être facilement fixé sur les vêtements traditionnels tissés ou sur les sacs et au fil de la journée, la batterie se recharge. «Il suffit de l’exposer au soleil pendant trois heures et ensuite on peut l’utiliser pendant sept heures», explique Sheila Kennedy, coordinatrice du projet, au site scidev.net.

Le projet a déjà été testé chez des populations nomades de la Sierra Madre au Mexique et au Nicaragua, avec le soutien de l’ONG Paso Pacifico. Là-bas, «les enfants peuvent maintenant faire leurs devoirs le soir et les femmes peuvent accomplir leurs travaux domestiques en toute sécurité», commente Sarah Otterstrom, la directrice de Paso Pacifico.

Nanotechnologies et micro-crédit pour financer l’achat des mini-panneaux pourraient être une solution pour apporter un peu de lumière aux populations défavorisées. Mais ce n’est pas encore tout à fait au point selon Frederik Krebs, du laboratoire pour les énergies renouvelables de Riso, au Danemark, qui a mis au point une lampe solaire en plastique pour l’Afrique: «Ces vêtements ne sont pas encore assez confortables», explique-t-il.