Autorisation du purin d'ortie: les associations craignent un «effet d'annonce» du ministère

JARDINS L'autorisation à la vente du purin d'ortie annoncée la semaine dernière ne fait pas totalement le bonheur des associations écologistes...

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Des orties.
Des orties. — Anders Good/SIPA

La prochaine autorisation à la vente du purin d'ortie annoncée par le ministère de l'Agriculture n'est qu'un «effet d'annonce à l'approche d'échéances électorales», selon l'association écologiste Aspro, qui milite pour la reconnaissance des alternatives aux pesticides. Pour «favoriser la mise sur le marché de produits» naturels, le ministère a annoncé il y a une semaine la publication dans «les prochains jours, de la première liste des substances autorisées pour les préparations naturelles peu préoccupantes (Pnpp)», qui permettra notamment la publication de l'arrêté autorisant le purin d'ortie.

«Chaque année depuis 2006 on nous annonce l'autorisation des Pnpp, surtout du purin d'ortie. Ces effets d'annonces à l'approche d'échéances électorale ne sont pas de nature à nous démobiliser», a affirmé mercredi l'Aspro (ASsociation pour la Promotion des Pnpp) dans un communiqué. Un appel a ainsi été lancé pour des «actions civiques Pnpp», avec des pulvérisations symboliques de purin d'ortie et d'huile de Neem (fruit du margousier) par des élus locaux notamment, le 29 avril à Bègles (Gironde) et le 14 mai à Maclas (Loire).

Des décisions jugées contradictoires par les associations

Selon Aspro, l'annonce du ministère, qui ne donne pas de date d'entrée en vigueur de la commercialisation, n'est qu'un «leurre qui cache mal l'intox.» «Seules les procédures concernant les produits industriels brevetés seront retenues au détriment de la solution adaptée aux Pnpp issues des savoirs populaires du domaine public qu'ont choisi nos voisins Allemands et Espagnols», ont souligné les écologistes. Ils ont également pointé du doigt les lacunes de la liste des plantes pouvant être utilisées pour faire des Pnpp, publiée par le ministère, qui n'inclue ni la fougère ni la consoude, par exemple.

Enfin Aspro a dénoncé l'antagonisme des décisions du gouvernement en matière de pesticides: «d'un côté dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, il a mis en place un plan Ecophyto 2018 visant à réduire de 50% la quantité des pesticides, de l'autre notre pays accorde 74 dérogations à des pesticides interdits en 2010 et des autorisations suite à des évaluations non conformes à la réglementation.»