Dans le Rhône, «la sécheresse semble inévitable»

REPORTAGE Le comité sécheresse du Rhône s'apprête à prendre un premier arrêté de restriction d’eau. Les stocks d'eau sont exceptionnellement bas, et même en cas de précipitations, les nappes auront du mal à se recharger...

A Lyon, Elisa Frisullo

— 

Sur les exploitations agricoles du Rhône, l'eau commence à manquer en ce mois d'avril 2011
Sur les exploitations agricoles du Rhône, l'eau commence à manquer en ce mois d'avril 2011 — C.VILLEMAIN/20MINUTES

Sébastien Mazallon, arboriculteur à Saint-Pierre-la-Palud, dans l’Ouest Lyonnais, guette le ciel. Sur son exploitation agricole, comme sur beaucoup d’autres, l’eau commence sérieusement à manquer. «Si la pluie ne vient pas, ça va devenir compliqué», dit-il. Dans le Rhône, les précipitations ont pourtant été suffisantes l’automne et l’hiver derniers. Mais la douceur inhabituelle observée ces trois derniers mois a fait baisser les ressources hydrauliques. «Cela a entraîné un effet d’évaporation. Et la végétation, qui a repris plus tôt, a eu davantage besoin d’eau», explique Laurent Vernay, hydrogéologue à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Rhône-Alpes (Dreal).

Fort déficit dans l’Est Lyonnais

Sur certains secteurs, l’état des nappes est préoccupant. Si bien que le comité sécheresse du Rhône s’apprête à prendre un premier arrêté de restriction d’eau. «Dans l’Est lyonnais, le niveau de la nappe phréatique est exceptionnellement bas», ajoute la Dreal. Dans le Val de Saône, les stocks d’eau habituellement relevés au printemps, sont également maigres. Même en cas de fortes pluies, leur niveau ne devrait pas remonter car les précipitations printanières gorgent les sols en eau mais ne rechargent pas les nappes. «La sécheresse semble inévitable, confirme Laurent Garipuy, responsable forêt, eau et biodiversité à la Direction départementale du territoire. Mais nous pouvons prendre des mesures pour préserver la ressource et permettre aux agriculteurs notamment de tenir cet été». Sur ses parcelles, Sébastien Mazallon, 27 ans, souffre déjà. «Car pour avoir un bon calibre, les fruits ont besoin d’être beaucoup arrosés», indique-t-il.