Ban Ki-Moon veut revoir de fond en comble la sécurité du nucléaire

TCHERNOBYL En visite en Ukraine à la veille du 25ème anniversaire de Tchernobyl, le secrétaire général de l'ONU appelle à un débat global sur l'énergie atomique...

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Le secrétaire général de L'ONU Ban Ki-Moon, avec le président ukrainien, le 20 avril 2011 sur le site de Tchernobyl
Le secrétaire général de L'ONU Ban Ki-Moon, avec le président ukrainien, le 20 avril 2011 sur le site de Tchernobyl — AFP/SERGEI SUPINSKY

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est rendu mercredi sur le site de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, appelant à un «débat global» sur l'énergie atomique, à la veille du 25e anniversaire de la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire.

Accompagné du président ukrainien Viktor Ianoukovitch et du directeur général de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, M. Ban a observé le sarcophage de la centrale, derrière une clôture située à quelques centaines de mètres de cette enceinte en béton isolant le réacteur accidenté, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des progrès dans la construction d'un nouveau sarcophage

«L'accident à la centrale nucléaire (japonaise) de Fukushima et le désastre de Tchernobyl nous ont donné deux messages forts: nous devons tirer les leçons de ces tragédies et renforcer les normes de sécurité nucléaire, au niveau national et international», a-t-il déclaré sur le site.

Il a insisté sur la nécessité de «revoir de fond en comble les normes de sécurité» dans ce domaine. «Nous devons revoir sérieusement la manière de protéger la technologie nucléaire des terroristes», a-t-il ajouté

«Entendre parler de Tchernobyl et lire des choses à propos de ce désastre est une chose, mais voir cela est une expérience totalement différente», a déclaré le secrétaire général de l'ONU.

M. Ban a par ailleurs loué des «progrès encourageants» dans la construction d'un nouveau sarcophage isolant le réacteur accidenté de Tchernobyl.

 

Le réacteur n°4 de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, contaminant une bonne partie de l'Europe, en particulier l'Ukraine, le Bélarus et la Russie, à l'époque trois républiques de l'URSS. Il a été recouvert à la va-vite d'une chape qui est maintenant fissurée. La construction d'un nouveau sarcophage, commencée fin 2010, doit être achevée en 2015.

Mardi, pendant une conférence des donateurs à Kiev, la communauté internationale a débloqué 550 millions d'euros pour financer les travaux liés à la construction du nouveau sarcophage, sur un total de 740 millions d'euros qui manquaient jusqu'ici.

«Nous avons accumulé l'essentiel de la somme, le reste, j'en suis sûr, sera réuni prochainement», a déclaré M. Ianoukovitch mercredi à Tchernobyl, soulignant que l'Ukraine avait «de facto la possibilité de construire la nouvelle chape» et de terminer ces travaux «d'ici à 2015».

L'Ukraine va revoir ses approches techniques pour la constructiond e deux nouveaux réacteurs

L'Ukraine va par ailleurs réviser ses "approches techniques" vis-à-vis de la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires qu'elle prévoit d'achever dans l'ouest du pays pour les rendre plus sûrs, a annoncé mercredi le ministre de l'Energie Iouri Boïko, cité par Interfax.

L'Ukraine compte quatre centrales nucléaires opérationnelles dont 15 réacteurs assurent environ la moitié de sa production électrique.

Deux tiers des Ukrainiens (66%) ne considèrent pas les centrales nucléaires dans leurs pays comme sûres, relève un sondage publié mercredi.