Sécheresse en France: Limitation de l'usage de l'eau dans huit départements

METEO Les particuliers ne sont pas encore concernés mais les agriculteurs pourraient souffrir de la météo trop clémente du printemps...

Avec Reuters

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Arrosage des cultures en France.
Arrosage des cultures en France. — JAUBERT/SIPA

Des températures dignes d'un mois de juillet et des pluies déficitaires depuis janvier sont à l'origine des premières mesures de restrictions d'usage de l'eau en France, où les cultures commencent à souffrir. Huit départements sont déjà concernés par au moins un arrêté préfectoral de limitation d'usage de l'eau et la situation des nappes phréatiques est hétérogène, a annoncé mercredi le ministère de l'Ecologie et du Développement durable. Les particuliers ne sont pas concernés par ces arrêtés mais sont invités à faire preuve d'un usage «civique» de l'eau.

Si les restrictions d'arrosage sont limitées dans la Vienne, la Charente et le Cher, elles sont plus contraignantes dans les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime, où l'irrigation des champs est interdite entre 10h et 19h, sauf pour les cultures maraîchères. En Seine-et-Marne et dans l'Essonne, la restriction est totale autour de la nappe de Champigny, structurellement en déficit d'eau, où la situation est jugée «critique», précise le ministère.

Une situation «préoccupante» pour le BRGM

Selon les données de Metéo-France, les pluies sont globalement déficitaires sur le pays depuis le début de l'année, à l'exception de l'arc méditerranéen, qui a connu des pluies abondantes en mars. Les quantités d'eau recueillies ne représentent que 56% de la normale en janvier, 58% en février et 74% en mars et la situation devrait continuer à se dégrader en l'absence de précipitations dans les jours à venir.

Au 1er avril, environ 58% des réservoirs d'eau affichaient en effet un niveau inférieur à la normale, selon le bulletin publié mardi par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). C'est le cas dans une grande partie du Bassin parisien et dans le sud-ouest du pays. A l'inverse, l'est de la France (Alsace) et le Sud-Est (Languedoc-Roussillon et Provence) présentent des niveaux plus favorables. «Cette situation est préoccupante à une saison où les besoins en eau augmentent», s'inquiète le bulletin. Dans ce contexte, la direction de l'Eau et de la Biodiversité du ministère du Développement durable devrait avancer à début mai la première réunion annuelle du comité sécheresse nationale, qui se tient habituellement au début de l'été.

La flambée du prix du blé aggrave la situation

Les agriculteurs sont eux aussi inquiets à un moment où la végétation est en pleine croissance et que le besoin de reconstituer des réserves de fourrages est vital pour certains éleveurs fortement pénalisés cette année par la flambée des prix des céréales. La crainte d'une sécheresse intervient dans un contexte mondial déjà affecté en 2010 par des incidents climatiques, en particulier en Russie, où la sécheresse a été historique mais aussi en Australie, où les inondations ont fortement dégradé la qualité de la récolte.