François Fillon et le président ukrainien Viktor Yanukovichlors de la conférence des donateurs pour Tchernobyl, à Kiev, le 19 avril 2011.
François Fillon et le président ukrainien Viktor Yanukovichlors de la conférence des donateurs pour Tchernobyl, à Kiev, le 19 avril 2011. — REUTERS/Sergei Supinsky

NUCLEAIRE

La France milite à Kiev pour une sécurisation du nucléaire

Le Premier ministre François Fillon a réaffirmé mardi que la France ne renoncerait pas au nucléaire mais renforcerait la sécurité des centrales...

La France, «à la pointe de l'industrie nucléaire», veut aussi l'être «en matière de sûreté» a affirmé le Premier ministre François Fillon mardi à Kiev, en marge d’une conférence des donateurs organisée par l’Ukraine pour récolter les fonds nécessaires à la rénovation du sarcophage de la centrale de Tchernobyl. Vingt-cinq ans après l’accident en Ukraine et quelques semaines après Fukushima, la France milite pour la création d’un «mécanisme d’intervention rapide» qui permettrait d’intervenir à l’international en cas de catastrophe nucléaire.

Pour François Fillon, «la rapidité des mesures d'évacuation des populations» ou encore «la transparence» des autorités japonaises lors de l’accident de Fukushima prouvent «qu'un certain nombre de leçons ont été retenues» de la catastrophe de Tchernobyl. Le Premier ministre a cependant appelé la communauté internationale à «prendre des engagements ambitieux sur la mise en oeuvre partout dans le monde des exigences de sûreté les plus hautes».

«Les centrales nucléaires doivent être construites pour résister à tout»

Présent à Kiev, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déclaré que les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima montraient la nécessité d'un «réexamen complet» de l'énergie nucléaire et a invité les Etats à appliquer des normes élevées de sécurité, à autoriser une supervision indépendante des centrales nucléaires et à être plus transparents. «Les centrales nucléaires doivent être construites pour résister à tout, des séismes aux tsunamis, des incendies aux inondations», a déclaré Ban Ki-moon. La France s’est déclarée prête à «fournir son aide technique, son expertise scientifique et son expertise de gestion de crise».

Alors que l’Italie a annoncé un moratoire d'un an sur son projet de relancer la production d’électricité nucléaire, François Fillon a réaffirmé la position française favorable à une sécurisation des centrales: «Le tout nucléaire, comme le renoncement total au nucléaire, sont des abstractions, a déclaré le Premier ministre. Tchernobyl hier, Fukushima aujourd'hui, le monde entier s'interroge sur l'avenir du nucléaire. Certains font le choix du repli, nous nous faisons le choix de la responsabilité mais aussi de la continuité des choix énergétiques.» L’Autorité de sûreté nucléaire a été chargée de mener un audit du parc nucléaire français, un des plus importants au monde.