Les cultures dans plusieurs régions pourraient être menacées si la pluie continue à manquer ces prochaines semaines
Les cultures dans plusieurs régions pourraient être menacées si la pluie continue à manquer ces prochaines semaines — BURLET/SIPA

METEO

Alerte à la sécheresse sur la France

Après quatre mois de faible pluviométrie, les agriculteurs craignent pour leurs cultures...

Les chaleurs estivales du moment ne font pas que des heureux. Après quatre mois de faible pluviométrie, et un mois de mars particulièrement sec, les agriculteurs s’inquiètent de ne voir aucun nuage à l’horizon. Pour l’instant, il n’y a aucune conséquence sur l’état des cultures. Mais cela pourrait ne pas durer si une telle situation se prolongeait. L’organisme France Agrimer explique que «la faible pluviométrie pourrait avoir des conséquences néfastes. Les régions Picardie, Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire notent que l’absence de pluies pénalise l’absorption des éléments nutritifs, notamment l’azote.»

56% des réservoirs sous la normale

Eau France, portail public d’information sur l’eau, indique dans son dernier bulletin que 56% des réservoirs affichent un niveau inférieur à la normale. Le déficit dépasse 75% en Bretagne, Sologne, Touraine et le long de la frontière belge. «Les niveaux des cours d’eau sont inférieurs à la moyenne d’environ 10%, les nappes sont également moins remplies que l’an dernier», analyse de son côté Bernard Gaillard, hydrologue à la Direction régionale de l’environnement (Dreal) Aquitaine. Même situation dans la région Centre, où les précipitations mensuelles sont déficitaires de 60%. La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement explique que «les indicateurs de niveau des nappes se situent sous les valeurs moyennes».

Episode remarquable

Météo France qualifie cette situation de «remarquable». Mais Michel Schneider, ingénieur à la direction climatologie de l’institution, rappelle «qu’en 1997 le début d’année était plus critique encore : à la mi-avril les sols étaient plus secs, puis il avait plus en mai, et beaucoup plus en juin. En revanche les sols sont plus secs à ce jour qu’en 1976, mais cette année-là la sécheresse s’était poursuivie en mai et juin. C’est donc ce qui va se passer ces prochaines semaines qui sera déterminant.»

Pour Météo France impossible de dessiner un scénario à ce jour. «Tout ce que l’on peut dire c’est que le temps se dégrade par Sud à partir de la fin de la semaine, mais cela ne donne pas plus d’indication sur les précipitations en eau à venir.»