Fessenheim: le conseil général du Haut-Rhin veut attendre les résultats de l'audit pour prolonger la durée de vie de la centrale

NUCLEAIRE Les élus ont demandé à l'ASN d'attendre ces résultats pour poursuivre l'exploitation de la plus vieille centrale de France...

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La centrale nucléaire de Fessenheim.
La centrale nucléaire de Fessenheim. — CEDRIC JOUBERT/SIPA

Le conseil général du Haut-Rhin a demandé vendredi à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d'attendre le résultat de l'audit national sur les installations nucléaires pour autoriser la poursuite de l'exploitation de Fessenheim, la doyenne des centrales française. Dans une motion votée à l'unanimité moins une abstention, le département «demande que la remise en route de la tranche 2 (de la centrale) ne soit pas effectuée, et que l’autorisation d’exploiter la tranche 1 pour les 10 ans à venir ne soit pas délivrée, avant de connaître les conclusions de l’audit national». Le réacteur N.2 de Fessenheim doit être mis à l'arrêt cette fin de semaine pour subir à partir de lundi sa troisième visite décennale, qui doit durer environ 200 jours.

Le réacteur N.1 a déjà subi sa troisième visite décennale entre le 17 octobre 2009 et le 24 mars 2010, et l'ASN devait décider d'autoriser la poursuite de son exploitation d'ici juin. Mais après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement français a ordonné un audit des installations nucléaires françaises, dont les premières conclusions devront être rendues d'ici la fin de l'année. La décision d'un éventuel moratoire ou même d'une fermeture de la centrale relève en dernier ressort du gouvernement français, a souligné l'ASN.

Une région sismique et sujette aux inondations

«Compte tenu des risques potentiels et spécifiques à la Région du Rhin Supérieur (sismiques, hydrauliques)», le conseil général «exige que soient engagées, sans délai, des négociations avec l'Allemagne et la Suisse afin de définir un calendrier d’audit des treize réacteurs existants actuellement dans le Rhin Supérieur», ajoute le texte. Le département souhaite enfin la création d’une commission locale d'information et de surveillance (CLIS) «trinationale où seront analysés l’état et le fonctionnement des treize réacteurs» qui aurait «compétence pour mener des expertises indépendantes».

Mise en service en 1977, la centrale dispose de deux réacteurs à eau pressurisée, d'une puissance de près de 900 mégawatts chacun. Mais les militants écologistes dénoncent les risques sismiques et d'inondation ainsi que de multiples incidents dus à sa vétusté. Lundi, le conseil municipal de Strasbourg avait demandé, à la quasi-unanimité, la fermeture de la centrale haut-rhinoise.