Le gouvernement recule, mais les anti gaz de schiste restent vigilants

ENERGIE Une mobilisation est prévue ce week-end partout en France...

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Manifestaion contre l'exploitation du gaz de schiste à Doue, en Seine-et-Marne, le 5 mars 2011.
Manifestaion contre l'exploitation du gaz de schiste à Doue, en Seine-et-Marne, le 5 mars 2011. — WITT/SIPA

Les opposants au gaz de schiste vont se mobiliser ce week-end dans une grande partie de la France, refusant de se contenter des récentes annonces du gouvernement et promettant de ne désarmer qu'avec un renoncement ferme et définitif à ces hydrocarbures. La coordination nationale des collectifs opposés au gaz et à l'huile de schiste organise de vendredi à dimanche une série de rassemblements dans le Sud et l'Est ainsi qu'en région parisienne, dans des zones où le gouvernement a délivré des permis d'exploration ou en a étudié la possibilité.

«La mobilisation ne s’arrêtera qu’à l’abrogation» des permis

Les récentes annonces gouvernementales ne feront pas baisser les bras aux opposants. «On ne dit pas que rien n'a avancé. On voit qu'on est entendu (...) Maintenant, nous, on demande l'abrogation et ce n'est qu'à ce moment-là que la mobilisation s'arrêtera», a dit à l'AFP Anne Lacouture, l'assistante de José Bové, chef de file de la contestation. Le député européen Europe-Ecologie participera dimanche à la mobilisation dans son fief aveyronnais, à Nant, qui a donné son nom à l'un des permis délivrés par l'ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et autorisant de grands groupes gaziers et pétroliers à prospecter le gaz de schiste. C'est de cette vaste région couverte par trois permis accordés en 2010 qu'est partie une protestation qui n'a cessé de s'amplifier. Anne Lacouture dit attendre des milliers de personnes à Nant dimanche.

Devant ce vent de fronde, le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi l'annulation des permis déjà accordé. Il a laissé la porte ouverte à une exploitation future des gisements, avec d'autres techniques. Mais, dans les faits, la France semble près d'interdire l'exploration et l'exploitation des gaz et des huiles de schiste. L'examen, selon la procédure d'urgence, d'une proposition de loi en ce sens est prévu le 10 mai.