Des champs bio pour protéger les nappes phréatiques

ENVIRONNEMENT En Ile-de-France, l'Agence des Espaces Verts vient d'acquérir 170 hectares situés au-dessus d'une importante nappe phréatique, et y a installé des agriculteurs bio...

Mickaël Bosredon

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Le territoire de la "Nouvelle France", dans les Yvelines, où l'agence des espaces verts a installé des agriculteurs bio sur une nappe phréatique
Le territoire de la "Nouvelle France", dans les Yvelines, où l'agence des espaces verts a installé des agriculteurs bio sur une nappe phréatique — DR/AEV

C’est une des belles prises de l’Agence des espaces verts (AEV). A la fin de l’année 2010 l'organisme chargé de préempter des terrains en Ile-de-France pour renforcer la ceinture verte, a réussi à mettre enfin la main sur le territoire de la «Nouvelle France», un espace de 170 hectares coincé entre la Seine et les communes de Flins et des Mureaux dans les Yvelines. C’est une prise stratégique pour l’AEV car cette plaine est un maillon important de la ceinture verte, ces corridors écologiques que la région Ile-de-France souhaite renforcer dans le cadre de son Sdrif (Schéma directeur de la région Ile-de-France). Elle est également l’unique champ d’inondation permettant une expansion des crues entre la ville des Mureaux et l’usine Renault de Flins. Mais surtout, elle est située au-dessus d’une importante nappe phréatique permettant l’alimentation de 750.000 Franciliens de l’Ouest de la région, notamment dans l’Essonne et dans les 16e et 17e arrondissements.

Un terrain qui devait accueillir un circuit de Formule1

Problème: pendant des années, de la culture intensive a été développée sur ces terres. «La Ville de Paris, qui était propriétaire, s’en servait même pour ses déchets ménagers à une époque» relève Jean-Pierre Pioger, agent de l’AEV en charge des négociations pour l’acquisition de terrains. Autant de pratiques qui n’ont certainement pas servi la qualité des eaux souterraines… «Nous avons commencé une analyse des sols pour connaître exactement son état» explique Jean-Pierre Pioger. L’AEV n’a en revanche pas attendu pour y installer trois nouveaux agriculteurs et les aider à se convertir au bio. «Nous avons deux maraîchers possédant chacun 10 hectares, dont un est installé sur place, et un céréalier qui possède le reste, et qui va se convertir au bio petit à petit. Nous avons passé avec eux des baux environnementaux à condition d’avoir du bio. La région les aide à travers le dispositif  Prairie» détaille Thomas Francoual, responsable de mission aménagement. Développer du bio au-dessus des nappes phréatiques, dans le but protéger la ressource en aval et ainsi la traiter le moins possible, est une idée qui se développe dans plusieurs pays, notamment en Allemagne.

La partie était pourtant mal engagée il y a quelque temps pour l’AEV. Fin 2008, quelques jours après avoir acheté le terrain à la Ville de Paris, l’établissement foncier des Yvelines (Epfy) préemptait le terrain, en vue d’y installer… un circuit de Formule1. Le Conseil général des Yvelines était effectivement un des candidats en Ile-de-France pour accueillir le Grand Prix de France. Le projet est aujourd’hui tombé aux oubliettes, mais les inscriptions «Non au circuit de Formule1» sont toujours visibles.