Du cabillaud au menu, pour combien de temps encore?

REPORTAGE La pêche au cabillaud en Norvège est limitée par des quotas pour assurer le renouvellement des stocks de poisson...

à Myre, Audrey Chauvet. Romain Vitiello pour la vidéo.
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Un petit bateau de pêche au cabillaud, au large des îles Lofoten en Norvège, le 5 avril 2011.
Un petit bateau de pêche au cabillaud, au large des îles Lofoten en Norvège, le 5 avril 2011. — A.Chauvet - 20 Minutes

Le fish and chips anglais, le bacalhau portugais ou le filet vapeur de votre régime du printemps… Toutes ces recettes disparaitraient sans une gestion raisonnée des stocks de cabillaud en mer de Barents, au nord de la Norvège, qui représente une grande partie des poissons consommés en Europe. Si la population de cabillauds s’épuise en mer du Nord, les Norvégiens ont instauré des quotas de pêche qui ont permis aux poissons de revenir en masse au large des îles Lofoten, au nord de la Norvège, où les cabillauds viennent se reproduire au printemps.

La Norvège «exemplaire» aux yeux du WWF

«Cette année, la mer de Barents était comme un aquarium». Harald Bye vient de livrer ses prises du jour à une usine de transformation de Myre, petit village des Lofoten. Ce pêcheur de cabillaud n’a jamais vu une telle abondance de poissons de toute sa carrière: son quota annuel de 65 tonnes sera rapidement atteint cette saison. «Avec les régulations très strictes, on ne peut plus pêcher autant qu’avant mais ces contrôles sont nécessaires», admet-il.


Harald Bye, pêcheur aux îles Lofoten.

Des quotas indépendants de ceux de l’Union européenne mais fixés selon les avis du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) ont été instaurés en Norvège pour reconstituer une population de cabillauds exsangue à la fin des années 1980: la modernisation des bateaux, la surpêche et les aléas climatiques avaient quasiment épuisé le stock. En instaurant des quotas très bas dans les années 1990, la Norvège a réussi à repeupler ses mers: les cabillauds ont pu se reproduire tranquillement, ainsi que les capelans et les harengs, dont ils se nourrissent. Cela a valu à la Norvège d’être citée en exemple par le WWF pour les meilleures pratiques mondiales en matière de gestion des stocks.

Des amendes sévères pour faire respecter les quotas

«Le quota actuel de cabillaud, partagé avec la Russie, est de 703.000 tonnes en mer de Barents, explique Maria Grimstad, chef de projet au Centre des produits de la mer de Norvège. Les bateaux de pêche tiennent un journal électronique qui est vérifié par les gardes-côtes. La taille des mailles des filets est aussi inspectée pour ne pas attraper de trop petits poissons.»

Des contrôles stricts qui s’appliquent aussi bien aux chalutiers qu’aux petits bateaux de pêche, qui constituent la majorité de la flotte norvégienne. Harald Bye, qui travaille seul à bord, a déjà été contrôlé deux fois cet hiver: «Pour moi ça s’est bien passé mais un pêcheur de capelan qui avait attrapé du cabillaud sans permission a eu une amende de 40.000 couronnes (environ 5.000 euros).»


 Un bateau de pêche remonte des cabillauds dans ses filets.

L’Etat peut confisquer les revenus des prises illégales

Les Norvégiens ne plaisantent pas avec le cabillaud, qui représente un enjeu économique important. Si le nombre de pêcheurs a diminué ces dernières années, leur revenu a augmenté grâce à un prix minimum garanti, renégocié tous les trois mois. Actuellement, le kilo de cabillaud «sorti de la mer» se vend environ 2 euros. Les transformateurs, eux, le revendent près de 10 euros sous forme de filet explique Arne Antonsen, de l’usine Gunnar Klo de Myre. «Le prix minimum est fixé selon la taille du poisson, mais cet hiver on l’a acheté plus cher car il y avait une grosse demande sur le marché qui nous a permis d’augmenter le prix des filets», témoigne-t-il.

 

Des cabillauds attendent d'être transformés en filets à l'usine Gunnar Klo.

Lieu de réception des prises d’une quarantaine de pêcheurs, l’usine fait aussi partie du système de contrôle des quotas: «Si un bateau nous livre au-delà de son quota, nous faisons un rapport spécial et tous les revenus de ces prises reviennent à l’Etat», explique Arne Antonsen. Depuis 2010, un certificat de pêche attestant du respect des quotas doit suivre les poissons pour qu’ils puissent être exportés dans l’Union européenne, qui représente plus de 70% des ventes de poisson norvégien.

 

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