Un laboratoire précise la contamination à 40 km de Fukushima

© 2011 AFP

— 

L'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO), laboratoire français indépendant, a publié lundi des données précisant le degré élevé de contamination de villages situés à 40 km de la centrale de Fukushima et auxquels Tokyo vient d'élargir l'évacuation.

"La contamination par l'Iode 131 est prépondérante. (Au lieu dit Meada à Iitate) nous avons détecté 1,9 million de becquerels par m2. C'est énorme", a indiqué à l'AFP David Boilley, le président de ce laboratoire à qui les élus locaux ou Greenpeace demandent régulièrement d'effectuer des analyses.

L'ACRO a travaillé sur des prélèvements réalisés par des volontaires japonais en neuf lieux sur 3 communes situées entre 30 et 50 km de la centrale accidentée de Fukushima, a précisé M. Boilley.

Le laboratoire a également trouvé du Cesium 137 en quantité moindre mais tout de même "alarmante" car ce radioélément met du temps à disparaître: il diminue de moitié tous les 30 ans alors que l'Iode 131 "va disparaître rapidement quand les rejets auront cessé", selon un communiqué de l'ACRO.

Or, tous les sols de Iitate mesurés par l'ACRO sont au dessus de la limite de 5.000 becquerels de Cesium 137 par kg de terre, fixée par Tokyo, au delà de laquelle la culture du riz sera interdite, selon le laboratoire.

"C’est le lieu dit Maeda, situé dans la commune d’Iitate, qui est plus contaminé avec 39.600 becquerels par kilogramme de terre", précise l'ACRO qui a analysé des sols et de l'eau provenant de fermes, de rizières ou de jardinières.

"Presque toutes les zones contrôlées par l’ACRO sont au-dessus des limites" qui ouvraient en Biélorussie un droit à la migration, à partir d’une contamination radioactive de 185.000 becquerels par m2, et un droit au relogement, à partir de 555.000 becquerels par mètre carré, selon le laboratoire.

Avec la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), l'ACRO est un des deux laboratoires français indépendants. Il a été créé après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.