Message spectaculaire de Greenpeace un mois après Fukushima

© 2011 AFP

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Un mois après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, l'organisation écologiste Greenpeace a marqué l'événement en réalisant de spectaculaires projections d'images et de messages antinucléaires sur les centrales espagnoles, dont elle réclame la fermeture.

En lettres lumineuses géantes, les messages "Plus jamais Fukushima" ou "Danger nucléaire", accompagnés du symbole nucléaire stylisé en forme de tête de mort, ont été projetés sur les six centrales du pays, dont deux, Garona dans le nord et Cofrentes dans l'est, sont du même type que la centrale japonaise accidentée.

L'organisation écologiste veut ainsi "attirer l'attention sur le fonctionnement dangereux" des centrales espagnoles, en soulignant que le parc nucléaire du pays est vieillissant avec une moyenne d'âge de 29 ans et "souffre de graves problèmes de sécurité".

Greenpeace cite en particulier le cas de Garona, la plus ancienne des centrales espagnoles, en activité depuis 1971, où sont apparus "d'importants problèmes de corrosion sur plusieurs composants du coeur de la centrale".

Parmi les risques signalés, Greenpeace souligne "qu'a été mise en évidence l'incapacité de centrales nucléaires comme Garona et Cofrentes, du même type que Fukushima, à garantir la réfrigération du noyau d'uranium en cas de perte de l'approvisionnement électrique".

Après l'accident de Fukushima, le gouvernement espagnol avait décidé de faire inspecter les systèmes de sécurité des centrales nucléaires du pays.

Le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, avait promis lors de la campagne pour les législatives de 2008 de désengager progressivement le pays du nucléaire au profit des énergies renouvelables.

Mais l'Espagne, qui cherche à se dégager de sa forte dépendance vis-à-vis du pétrole, a depuis fait le choix, dénoncé par les écologistes, de prolonger la durée de vie de plusieurs centrales nucléaires.

L'Espagne est aujourd'hui l'un des pays leaders dans les énergies renouvelables - celles-ci ont fourni en mars 42,2% de la demande d'électricité - mais Greenpeace demande que pays "mette fin à l'ère du nucléaire et fasse définitivement le pari d'un système énergétique à 100% renouvelable".