Les manchots victimes de perte de plumes

BIODIVERSITE Les scientifiques s'inquiètent de ce phénomène qui se répand dans les colonies de manchots de l'Atlantique sud...

A.C.

— 

Des manchots du Cap, en Afrique du Sud.
Des manchots du Cap, en Afrique du Sud. — Schalk van Zuydam/SIPA

Ce sont d’abord les manchots du Cap, en Afrique du Sud, qui ont été touchés. Puis les manchots de Magellan, qui vivent en Argentine. Le phénomène de perte des plumes pourrait être en train de s’étendre à plusieurs espèces de manchots dans l’Atlantique sud, redoutent les scientifiques de Wildlife conservation society (WCS) et de l’université de Washington. Les jeunes manchots naissent sans plumes et grandissent ainsi, sans protection contre le soleil ou le froid.

Les scientifiques ne connaissent pas encore l’origine de ce problème. Il pourrait être dû à des agents pathogènes, comme un virus, à un dérèglement de la thyroïde, à un déséquilibre alimentaire ou encore à une modification génétique. «Les cas de pertes de plumes ne sont pas courants chez les oiseaux, explique Dee Boersma, docteur à la WCS. Nous devons conduire de plus amples recherches pour déterminer les origines du problème et savoir s’il s’étend à toutes les espèces de manchots.»

Pollution, changement climatique et maintenant maladies?

Les premiers cas de manchots sans plumes ont été détectés dans un centre de soins du Cap en 2006. En un an, 59% des manchots avaient perdu leurs plumes, et 97% étaient totalement nus au bout de deux ans. Dans les quelques cas où les plumes ont repoussé, c’est la croissance des manchots qui a été freinée. Sans plumes et plus petits, les animaux sont exposés à plus de maladies et sont handicapés pour nager et chercher de la nourriture.

«Nous devons savoir comment lutter contre la perte de plumes, car les manchots ont déjà des problèmes avec la pollution et le changement climatique. C’est important que les maladies ne viennent pas s’ajouter à la liste de menaces auxquelles ils sont confrontés», rappelle Dee Boersma.