Le CO2 augmente la quantité de pollen dans l'air

ALLERGIES Selon des chercheurs européens, les pollens responsables des allergies seraient liés au niveau de dioxyde de carbone dans l'air...

A.C.

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La rhinite allergique, ou rhume des foins, touche 30% des Français.
La rhinite allergique, ou rhume des foins, touche 30% des Français. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Non seulement le CO2 augmente l’effet de serre mais il serait aussi responsable des allergies printanières. En testant les différents facteurs qui contribuent à la prolifération du pollen dans l’air, des chercheurs européens sont arrivés à cette conclusion inattendue: plus les émissions de CO2 sont importantes, plus la quantité de pollen dans l’air est élevée. Les allergies, en augmentation en Europe, et les rhumes des foins pourraient être freinés par une meilleure sélection des arbres mais également par des mesures contre les émissions de CO2.

Les tests, menés dans treize pays européens sur plus de vingt espèces de plantes, ont été présentés la semaine dernière lors de l’assemblée générale de l’EGU (European geosciences union). Selon les chercheurs, plusieurs facteurs peuvent être éliminés pour expliquer l’augmentation des pollens: «Nous pensions que cela pouvait être lié aux changements dans l’usage des sols, mais nous n’avons rien observé de la sorte, explique Annette Menzel, de l’Université technique de Munich, à la BBC. Nous avons essayé de faire un lien avec la température, mais ce n’est pas possible. L’unique facteur qui reste est un effet CO2, et nous savons que le CO2 accroît la quantité de pollen produite par les arbres.»

Eviter les bouleaux et les espèces d’arbres exotiques

Parmi les espèces d’arbres étudiées, 60% ont connu une augmentation de la production de pollens depuis une dizaine d’années. Le phénomène est particulièrement fort dans les villes, où les émissions de CO2 se sont accélérées. Ces premiers résultats seront approfondis par les scientifiques pour connaître le mécanisme qui fait réagir les arbres au dioxyde de carbone.

Avant de connaître tous les effets du CO2 sur la nature, les chercheurs préconisent une meilleure sélection des arbres plantés dans les villes. «On plante souvent des bouleaux pour leur jolie couleur argentée en oubliant les problèmes d’allergie qu’ils génèrent», explique Annette Menzel. Les chercheurs conseillent également d’éviter les espèces exotiques, qui contribuent à prolonger la saison des allergies.