L'azote des engrais coûte cher à la santé des Européens

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Les excès d'azote, essentiellement émis par l'agriculture, coûtent entre 70 et 320 milliards d'euros à l'échelle européenne, en impacts sur la santé humaine et l'environnement, selon une étude publiée lors d'une conférence internationale à Edimbourg (Ecosse).

Cette première Evaluation européenne pour l'azote (ENA) estime que le coût représente plus du double des bénéfices pour l'agriculture européenne.

200 chercheurs de 21 pays proposent un diagnostic et des pistes d'actions pour réduire les excès d'azote et leurs impacts sur l'eau, l'air, les sols, les écosystèmes et l'effet de serre.

L'invention des engrais azotés au début du 20e siècle a révolutionné l'agriculture, multipliant les rendements et améliorant la qualité. Mais parallèlement, l'azote dans l'environnement a été multiplé par deux au plan mondial, et plus de trois en Europe.

Plus de 10 millions d'Européens sont exposés à des niveaux d'azote (nitrates) dans l'eau dépassant les seuils réglementaires, avec un risque de cancer accru s'ils la boivent régulièrement.

Les nitrates entraînent des phénomènes d'algues vertes et de "zones mortes" le long des côtes bretonnes, en mer du Nord, Adriatique et Baltique.

La pollution azotée de l'air due à l'agriculture, à l'industrie et à la circulation contribue aux émissions de particules, qui réduisent l'espérance de vie de plusieurs mois sur une grande partie de l'Europe continentale.

Les dépots d'azote dans les forêts ont entraîné une perte de biodiversité de plus de 10% sur les 2/3 de l'Europe.

Les chercheurs recommandent plusieurs actions. Dans les transports, ils déconseillent l'utilisation de véhicules polluants et les longs trajets en voiture. Dans l'agriculture ils préconisent un changement des pratiques.

Réduire notre consommation de protéines animales -qui dépasse de 70% les recommandations nutritionnelles- aurait un impact significatif. 80% de l'azote utilisé en agriculture sert en effet à produire de la nourriture pour l'élevage, note l'étude.

"Près de la moitié de la population mondiale dépend des engrais azotés synthétiques utilisés pour la production alimentaire", souligne Mark Sutton, du Centre d'écologie d'Edimbourg. "Les solutions incluent une utilisation plus efficace des engrais minéraux et organiques (fumiers, lisiers, composts ...) et des choix alimentaires visant à une consommation modérée de viande".