Au Canada, les «super-saumons» résistent au réchauffement climatique

ANIMAUX Le saumon Chilko serait une des rares espèces à survivre au réchauffement des eaux...

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Un saumon pendant la migration annuelle au Canada, en décembre 2010.
Un saumon pendant la migration annuelle au Canada, en décembre 2010. — SOLENT NEWS/SIPA

Certains saumons rouges de l'Ouest canadien appelés Chilko sont dotés de capacités physiques uniques qui leur permettent de survivre à la montée des températures dans les eaux douces due au réchauffement climatique, selon une étude parue jeudi aux Etats-Unis. Les eaux du fleuve Fraser, qui court sur 2.000 km à travers la Colombie-Britannique, se sont réchauffées de près de deux degrés en soixante ans. Ce réchauffement serait en partie responsable de la forte mortalité observée chez les saumons rouges, dont une centaine d'espèces différentes transitent par ce fleuve, explique Erika Eliason, du département de Zoologie de l'Université de Colombie-Britannique (UCB) et principal auteur de cette étude parue dans la revue Science datée du 1er avril. «Alors que le changement climatique (continue) à altérer l'environnement dans le fleuve Fraser, nous craignons que certaines populations de ces saumons rouge ne soient pas capables de s'adapter suffisamment vite à ces changements pour survivre», ajoute-t-elle.

Un «super-poisson» aux capacités exceptionnelles

Cette étude est la première, selon les auteurs, «à examiner à grande échelle comment des populations de poissons de la même espèce s'adaptent à différentes conditions environnementales lors de leur migration annuelle». Pour ce faire, ces scientifiques ont examiné le métabolisme et le rythme cardiaque de saumons adultes de huit espèces différentes en les plongeant dans un gros tube capable de simuler différentes températures et forces de courants. Dans les eaux les plus chaudes, les chercheurs ont observé que la capacité de nager des saumons déclinait, probablement à cause d'un affaiblissement de leurs capacités cardio-vasculaires. Tous, sauf le saumon Chilko.

Pour Erika Eliason, ce saumon est «un super-poisson», au regard de ses capacités d'adaptation physiques exceptionnelles et de la difficulté particulière du parcours de leur migration. Chaque année, ils nagent plus de 650 kilomètres en remontant le fleuve sur un dénivelé de 1.000 mètres afin d'atteindre un lac aux eaux glaciales où ils frayent.