«Les requins sont les nettoyeurs des mers»

INTERVIEW A quatorze ans, Ondine Eliot a déjà créé une association pour la protection des requins et organise pour la première fois une semaine qui leur est consacrée...

Propos recueillis par Audrey Chauvet

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Un requin blanc dans la baie de Gansbaai, en Afrique du sud.
Un requin blanc dans la baie de Gansbaai, en Afrique du sud. — REUTERS

Ce ne sont pas des fées mais des requins qui se sont penchés sur son berceau. Ondine Eliot, collégienne de 14 ans, a déjà à son actif de nombreuses actions pour la défense des requins. Après avoir créé il y a deux ans l’association  «Passion des requins» et fait voyager une exposition consacrée à ces animaux mal-aimés, elle organise pour la première année une «Semaine de la jeunesse pour la sauvegarde des requins» du 28 mars au 1er avril dans son collège à Auneuil (60).

Comment t’es-tu passionnée pour les requins?

Grâce à un magazine découvert il y a deux ans et demi. Avant je pensais que c’étaient des mangeurs d’hommes, comme l’image qui en est donnée dans les films, mais le reportage montrait que ce n’était pas du tout le cas.  Surtout, j’ai vu des images choquantes sur le massacre des requins et ça m’a donné envie d’agir pour eux.

Pourquoi est-il important de protéger les requins?

Ils sont au sommet de la chaine alimentaire donc ils ont un rôle important de régulation de toute la chaine. Ils mangent les animaux malades, ce sont les nettoyeurs des mers. Nous aussi nous dépendons des mers, on a besoin de tout cet équilibre.

Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les requins?

C’est principalement la pêche, surtout au Japon. Pour faire des soupes aux ailerons de requin on les tue et on les rejette à la mer. Partout dans le monde, il y a des erreurs de pêche qui sont commises, notamment quand les pêcheurs laissent des grands filets dans la mer et attrapent involontairement des requins. La pollution aussi est mauvaise pour eux.

Les enfants sont-ils plus sensibles à la cause des requins que les adultes?

Oui, ça passe mieux avec les enfants car ils n’ont pas l’image de mangeurs d’hommes comme les adultes. Ma génération n’a pas vu Les dents de la mer. Pendant mes expositions, les enfants sont curieux et posent plein de question, certains font ensuite des exposés ou des blogs. En revanche, les adultes ont parfois des réactions assez mauvaises car ils ont peur des requins. C’est un animal qu’on connaît très mal.

Quels sont tes projets pour l’avenir?

J’espère que dans les prochaines années, la semaine pour les requins continuera, peut-être dans mon lycée et dans plusieurs écoles. Plus tard, j’aimerais devenir biologiste marin, spécialisée dans les requins.