Le nucléaire français n'a pas pris en compte le "cumul" des risques naturels

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La sécurité des installations nucléaires françaises n'a jusqu'à présent pas pris en compte le risque d'un «cumul» de catastrophes naturelles, comme le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon, a indiqué mercredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

«Comment faire face à un cumul d'agressions de ce type ? C'est un sujet que jusqu'à présent on n'a pas pris en compte», a reconnu André-Claude Lacoste, président de l'ASN, à une question sur les leçons à tirer de l'accident en cours à la centrale de Fukushima. Un séisme d'une rare puissance suivi de peu par un tsunami ont privé la centrale de son alimentation électrique externe et de son système de refroidissement, entraînant une série de graves dysfonctionnements sur plusieurs réacteurs.

«A l'évidence, il va falloir qu'on se demande quels retours d'expérience il y a à tirer de ce qui s'est passé au Japon», a poursuivi André-Claude Lacoste, après avoir présenté au Parlement un rapport sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2010. «Nous ne sommes pas nourris de certitudes tranquilles, d'ailleurs qui peut l'être après ce qui vient de se passer ?», a-t-il assuré, rappelant la «position constante de l'ASN»: «personne ne pourra jamais garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire en France».

L'Autorité indépendante a été chargée la semaine dernière par le gouvernement de procéder à un «audit» de toutes les installations nucléaires françaises, à commencer par les 58 réacteurs en activité. Cet audit doit prendre en compte de nouveaux risques révélés par l'accident de Fukushima : risques sismiques, risques d'inondations, perte d'alimentation électrique, perte de source de refroidissement et le cumul de ces aléas. Les premières conclusions de cet audit devraient être rendues publiques pour la fin de l'année. «Aléas sismiques, tsunami ou inondations... Il faut que nous revisitions (les installations) à la lueur de ce qui s'est passé au Japon», a résumé André-Claude Lacoste.

Par exemple, «on peut imaginer la création d'un parc de secours de diesels sur l'ensemble des installations nucléaires en France» ou que, «sur des centrales installées le long de la côte, les diesels soient plutôt installés sur la falaise qu'en bas». «Ca paraît extrêmement rustique mais c'est typiquement le genre de questions à se poser», a estimé le président de l'ASN.