Catastrophe nucléaire au Japon: Fukushima est «un site perdu»

JAPON L'Autorité de sûreté nucléaire fait le point ce mercredi matin sur l'état de la centrale de Fukushima...

M.B. et A.C.

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Un membre de Greenpeace mesure les niveaux de contamination radioactive dans une ville à 40km de Fukushima, au Japon, le 27 mars 2011.
Un membre de Greenpeace mesure les niveaux de contamination radioactive dans une ville à 40km de Fukushima, au Japon, le 27 mars 2011. — AFP PHOTO / GREEENPEACE / CHRISTIAN ASLUND

André-Claude Lacoste, président de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) a annoncé mercredi matin que la situation restait très grave à la centrale de Fukushima malgré deux «points positifs»: «On est repassé à un système de refroidissement à l’eau douce et non pas à l’eau de mer corrosive, et l’exploitant de la centrale n’a plus d’inquiétudes sur les piscines de refroidissement.»

Selon le président de l’ASN, la situation ne reviendra à la normale que lorsque le système de refroidissement à l’eau douce sera remis en place: «Le système artisanal utilisé actuellement présente le risque de fuites d’eau qui s’infiltrent dans les sols. Il faut revenir à un circuit fermé d’eau douce, mais cela pourra prendre des semaines voire des mois», a-t-il déclaré lors de la remise d’un rapport sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2010 à l’OPECST (Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques).

«Nous demanderions aux ouvriers de travailler dans des conditions analogues en France»

Quant aux conséquences de l’accident autour de la centrale, André-Claude Lacoste a expliqué qu’ «en fonction de l’étalement de la radioactivité, la gestion de ces territoires sera difficile durant des années, voire des décennies. La centrale, elle, est un site perdu».

Il est également revenu sur les conditions de travail des ouvriers dans la centrale, qu’il a qualifiées d’ «extrêmes» mais conformes aux réglementations internationales: la dose maximale qui peut être absorbée par an pour les employés des centrales est de 20 millisieverts, 100 en cas de situation grave et peut monter à 250 pour sauver des vies. «Nous demanderions aux ouvriers de travailler dans des conditions analogues en France si nous étions exposés aux mêmes conditions», a déclaré André-Claude Lacoste, qui a affirmé qu’il n’y aurait aucune conséquence sur le territoire français.