Une «épidémie» de braconnage met les rhinocéros en danger

BIODIVERSITE 800 rhinocéros auraient été tués au cours des trois dernières années...

A.C.

— 

Un des derniers spécimens de rhinocéros blanc, dans une réserve au Kenya, en janvier 2010.
Un des derniers spécimens de rhinocéros blanc, dans une réserve au Kenya, en janvier 2010. — DESRUS BENEDICTE/SIPA

L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a fait les comptes: durant les trois dernières années, les braconniers ont tué plus de 800 rhinocéros en Afrique, dont 333 en Afrique du Sud en 2010. Depuis le début de l’année 2011, 70 rhinocéros ont été abattus et l’UICN craint que les efforts déployés pour stabiliser la population de pachydermes ne soient anéantis par cette «épidémie de braconnage».

«A moins que la hausse rapide du braconnage de ces dernières années ne puisse être stoppée, le nombre de rhinocéros pourrait une fois de plus commencer à diminuer», alerte Richard Emslie, responsable scientifique pour l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Les cornes vendues à prix d’or

Ce sont les cornes des rhinocéros qui attirent les convoitises: vendues au marché noir pour la médecine traditionnelle asiatique, où elles sont utilisées notamment comme aphrodisiaque, elles ont atteint plus de 25.000 euros le kilo.

L’UICN appelle à une meilleure coopération entre les organisations écologistes et les Etats, ainsi qu’à un renforcement de la loi contre le braconnage. Des initiatives comme la création du «National wildlife crime reduction unit» en Afrique du Sud vont dans le bon sens pour l’ONG, qui rappelle cependant que la plupart des rhinocéros vivent sur des terres privées, où il est beaucoup plus difficile d’intervenir.  

Bien que le rhinocéros noir soit en danger critique d’extinction, sa population a tout de même réussi à remonter de 4.240 individus dans le monde en 2007 à 4.840 en 2011. Les rhinocéros blancs sont eux 20.000 dans le monde, contre 17.500 il y a trois ans.