Nucléaire: Bruxelles en faveur de normes de sécurité communes

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Le nucléaire va rester encore longtemps une source d'énergie dans l'Union européenne malgré l'accident au Japon, et des "normes communes" de sécurité doivent être adoptées pour limiter les risques, a estimé mercredi le commissaire à l'Energie, Günther Oettinger.

"Nous attendons de la réunion des dirigeants de l'UE jeudi et vendredi des instructions claires", a-t-il déclaré au cours d'une audition organisée par les élus libéraux du Parlement européen.

"La situation dans la centrale de Fukushima au Japon est toujours dangereuse, car les problèmes ne sont toujours pas maîtrisés et sont loin de l'être", a-t-il commenté.

Cependant, environ "30% de l'électricité en Europe sont fournis par des centrales nucléaires et le nucléaire va rester une source d'approvisonnement à court, mais aussi à moyen et à long terme", a-t-il soutenu.

Les tests de sécurité des centrales et des réacteurs dans l'UE décidés par les pays européens sont une étape "mais ils ne seront pas suffisants", a-t-il affirmé.

"L'Union européenne doit se doter de normes de sécurité communes qui tiennent compte des facteurs naturels et des facteurs technologiques", a-t-il expliqué.

Le tsunami provoqué par le séisme au Japon a interrompu la fourniture d'électricité à la centrale de Fukushima et aucun moyen de pallier ce problème n'avait été prévu, a-t-il déploré.

"Ma mission est de déterminer quels sont les dangers et les risques pour les centrales existantes", a-t-il fait valoir, et "nous devons faire en sorte que tout le monde en Europe accepte ces normes communes".

"Je suis abasourdi et en complet désaccord avec la Commission", a lancé John Large, expert en sécurité nucléaire, invité pour cette audition.

"Qu'entendez vous par test de résistance? Qui va les mener et sur quelle base?", a-t-il demandé au commissaire.

La plupart des centrales nucléaires en activité en Europe sont vieilles et leurs concepteurs n'ont pas pris en compte la possibilité d'un attentat terroriste dans leur capacité de résistance, a-t-il souligné.

L'Union européenne compte 143 réacteurs, dont 58 en France. "Les installations ont entre 20 et 25 ans et n'ont pas été conçues pour résister à des événements comme ceux qui se sont produits au Japon", a renchéri l'élue française Corinne Lepage.

Plusieurs intervenants ont également déploré le caractère "volontaire et non contraignant" des tests de résistance, l'absence de précisions sur le type de contrôles à mener et sur les délais pour les réaliser, reflétant les dissensions manifestées au sein de l'Union européenne lors de la dernière réunion des ministres de l'Energie des 27.

"Quatorze pays ont des centrales nucléaires et treize n'en ont pas, mais parmi ces pays, plusieurs ont des voisins qui ont opté pour le nucléaire", a souligné M. Oettinger.

"Nous devons faire en sorte que tout le monde soit impliqué (...) et si ces test de résistance volontaires sont un succès, ils permettront de renforcer la législation européenne sur la sécurité nucléaire lors de sa révision prévue en 2014, a-t-il assuré.