Nuage radioactif en France: Incertitudes dans l'air

NUCLEAIRE Les masses d'air en provenance du Japon arrivent en France ce mercredi...

Matthieu Goar

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La centrale de Fukushima, lundi.
La centrale de Fukushima, lundi. — OKYO ELECTRIC POWER / REUTERS

L'information est venue du très sérieux Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN): les premières masses d'air en provenance du Japon survoleront la France à partir de ce mercredi.

Et, à la faveur de cette météo nucléaire, l'ombre d'un nuage radioactif est réapparue, rappelant Tchernobyl. On en est loin. Et l'optimisme est de rigueur du côté des autorités. Avec quelques arguments scientifiques solides, cette fois-ci.

«On estime les rejets à 10% de ceux de Tchernobyl»

Les taux relevés à Tokyo n'ont en effet jamais été comparables à ceux de Tchernobyl et en onze jours et 15.000 km traversés entre le Japon et la France, la radioactivité a eu le temps de se diluer dans les masses d'air. «On estime les rejets à 10% de ceux de Tchernobyl et les niveaux qui arriveront en Europe, 10.000 fois plus faibles qu'en 1986», explique Didier Champion, de l'IRSN. Aucune mesure de protection n'a donc été prise.

«D'après nos prévisions, l'impact sera faible. Mais nous affinerons quand nos cinq balises de prélèvement donneront les premiers résultats», détaille Bruno Chareyron, responsable du laboratoire indépendant de la Criirad.

Reste l'énigme d'éventuelles particules de combustibles hautement cancérigènes (comme le plutonium) qui auraient réussi à voyager en altitude. «On a très peu d'infos sur ces particules», explique Stéphane Lhomme, de l'Observatoire du nucléaire. «Etant plus lourdes, elles sont sans doute retombées avant, mais en ce domaine, on ne peut jamais être péremptoire», conclut Bruno Chareyron.