Norin Chai soigne le coeur des panthères

PORTRAIT A l'occasion de l'année mondiale vétérinaire, qui célèbre les 250 ans de la profession, 20minutes.fr fait le portrait de vétérinaires hors du commun. Norin Chai est directeur adjoint de la Ménagerie du Muséum national d'histoire naturelle...

Audrey Chauvet

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Norin Chai, vétérinaire et directeur adjoint de la Ménagerie du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, le 10 mars 2011.
Norin Chai, vétérinaire et directeur adjoint de la Ménagerie du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, le 10 mars 2011. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

«Je suis obligé de tout savoir sur tout.» Opérer un orang-outang pour une sinusite, poser une broche à un bébé singe ou à une antilope qui s’est cassé la patte et même réaliser une opération cardiaque sur une panthère font partie du quotidien de Norin Chai. Ce vétérinaire spécialisé dans les maladies animales tropicales est directeur adjoint de la Ménagerie du Muséum national d’histoire naturelle depuis 2000, après un passage au Tchad en tant que directeur d’un parc national et trois années au parc de la Haute-Touche. Deux fois thésard, il apprend encore tous les jours au contact des animaux qu’il soigne.

Des patients pas toujours faciles à soigner

 A la Ménagerie, Norin Chai intervient pour les grosses manipulations et les chirurgies compliquées: «Les transferts d’animaux, par exemple, nécessitent la présence d’un vétérinaire car il y a une phase d’immobilisation par anesthésie ou avec des sédatifs, explique-t-il. Les chirurgies sont soit du suivi, prises de sang, déparasitage, vaccination, soit de la médecine curative ponctuelle. Par exemple, nous avons posé une broche à un singe mangabey qui avait l’humérus cassé à cause d’une morsure de sa mère.»

Les interventions chirurgicales sur des animaux sauvages ne sont pas toujours faciles, notamment pour les espèces très sensibles au stress: «J’ai posé une broche à une antilope qui s’était cassé la patte. Lorsqu’elle s’est réveillée de l’anesthésie, elle était tellement stressée qu’elle se l’est recassée», se souvient le vétérinaire. Mais le plus difficile est souvent de constater les symptômes et de pouvoir diagnostiquer les maladies: «Les animaux sauvages ont tendance à se cacher des prédateurs quand ils sont malades, souvent jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour les soigner», regrette Norin Chai.

>> Retrouvez le portrait du chef soigneur de la Ménagerie, appui indispensable des vétérinaires, en vidéo

Chirurgie cardiaque pour félins

Au moins deux fois par an, Norin Chai doit opérer les orangs-outangs atteints de sinusite. Début mars, il a ainsi opéré le jeune Tubo: «Pour une infection liée à une malformation des sinus, le traitement ne peut être que chirurgical. Il faudra lui faire plusieurs petites interventions à chaque infection», prévoit le vétérinaire.

Norin Chai participe également à des recherches, en collaboration avec l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, sur les pathologies cardiaques des félins. «En captivité, la consanguinité chez les guépards ou les panthères favorise le développement d’insuffisances cardiaques, explique Norin Chai. Par exemple, la panthère des neiges que j’ai opérée avait une sténose pulmonaire. Nous réalisons aussi des check-up sur les guépards du zoo de la Palmyre.» De quoi alimenter les recherches et enrichir les connaissances sur ces espèces menacées, pour mieux les conserver dans les réserves et zoos.