«La majorité des déchets retrouvés en mer sont jetés dans la rue»

POLLUTION La Surfrider Foundation Europe organise du 24 au 27 mars une grande opération de nettoyage des plages, lacs et rivières. 20 Minutes s'est associée à l’opération. Interview de la chargée de mission «déchets aquatiques» de Surfrider, Cristina Barreau...

Propos recueillis par Mi.B.

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Des élèves du collège Capeyron de Mérignac ramassent des détritus sur la plage sud de Lacanau-Océan, le 17 mars 2006, lors d'une opération de collecte des déchets organisée par Surfrider Foundation Europe.
Des élèves du collège Capeyron de Mérignac ramassent des détritus sur la plage sud de Lacanau-Océan, le 17 mars 2006, lors d'une opération de collecte des déchets organisée par Surfrider Foundation Europe. — AFP

L’opération nettoyage des plages se déroule dans plusieurs pays. Y-a-t-il des différences de législation par rapport aux déchets en Europe ?

Les déchets ne sont pas reconnus comme pollution au niveau européen, alors qu’ils le sont en France depuis la loi Grenelle II. De ce fait, on peut espérer une répression plus importante en France, comme une augmentation des amendes infligées aux personnes qui rejettent délibérément des déchets dans le milieu. Pour l’instant, cela ne constitue pas une solution pour lutter efficacement contre la prolifération des déchets aquatiques mais cela montre une ouverture du dialogue et une prise de position par l’Etat français. Nous espérons une évolution de la réglementation au niveau européen dans les années à venir. Pour cela nous avons fait une pétition pour faire évoluer la législation.

La nature des déchets change-t-elle en fonction des pays?

Non, la majorité des déchets aquatiques sont des déchets plastiques. 80% d’entre eux proviennent de l’intérieur des terres: ils sont jetés dans les toilettes, dans les rues, et suivent le cycle naturel de l’eau jusque dans la mer. Le principal problème ce sont les déchets plastiques de très petite taille, ceux qui passent au travers des grilles des stations d’épurations, comme les cotons-tiges. Les 20% restants sont abandonnés sur le rivage ou sont rejetés directement en mer (transport maritime, aquaculture).

Mais le vrai problème, ce sont les 80% de déchets qui proviennent des terres. Comment sensibiliser le public pour diminuer les rejets?

Effectivement les gestes au quotidien ont une importance fondamentale. Il faut prendre conscience que jeter des objets dans les toilettes, dans la rue, a des impacts sur la biodiversité. D’autant plus que selon un rapport des Nations Unies, ces déchets plastiques finissent par se décomposer en petits morceaux qui absorbent et transportent un large éventail de produits chimiques comme les PCB ou le DDT. On ne sait pas encore quelle conséquence cela peut avoir sur la consommation de poissons, mais c’est très inquiétant.

Plus d’infos sur initiativesocanes.org

>>Vous aussi participez à l’opération et envoyez nous vos photos à reporter-mobile@20minutes.fr (en précisant où et quand la photo a été prise).

>>Envoyez-nous vos témoignages sur le blog des Initiatives océanes: http://initiativesoceanes.20minutes-blogs.fr/